Le gouvernement fédéral nigérian a officiellement engagé de nouvelles poursuites contre Adeniyi Adeyemi, accusé d'avoir usurpé l'identité d'un haut responsable au sein d'une agence gouvernementale fictive. Cette manœuvre juridique, actée par le retrait des charges initiales devant la Haute Cour fédérale, vise à régulariser la procédure devant la juridiction compétente, la Haute Cour du Territoire de la capitale fédérale (FCT) à Abuja.
Un transfert de juridiction pour corriger des failles
Le directeur des poursuites publiques de la Fédération, Rotimi Oyedepo, a justifié cette décision par la nécessité de corriger des lacunes procédurales identifiées par le bureau du Procureur général. Selon l'accusation, les faits de faux et usage de faux reprochés à M. Adeyemi relèvent exclusivement de la compétence de la Haute Cour du FCT. Le juge Mohammed Umar a accédé à cette requête, actant ainsi le transfert du dossier après que la défense, représentée par l'avocat Ibrahim Angulu, n'a soulevé aucune objection.
Les accusations de fraude institutionnelle
Adeniyi Adeyemi est au cœur d'une affaire complexe impliquant la création présumée du "Conseil présidentiel de promotion de l'intervention étrangère" (PFIPC), une structure inexistante. L'enquête, déclenchée par une plainte du chef de cabinet du président Bola Tinubu, Femi Gbajabiamila, révèle l'utilisation de documents officiels contrefaits, incluant des en-têtes de la présidence et de fausses lettres de nomination. Les autorités ont également identifié 34 comptes bancaires liés à cette opération, dont certains étaient ouverts au nom d'organismes publics détournés.
Un parcours judiciaire marqué par des reports
Avant cette nouvelle étape, la procédure a été ralentie par de multiples incidents. Entre février et juillet 2025, plusieurs tentatives d'inculpation ont échoué en raison de l'absence de l'accusé ou de demandes de report de la défense. Après avoir été arrêté dans l'État d'Osun en juillet dernier, M. Adeyemi a été placé en détention. Le ministère public prévoit désormais de faire comparaître 11 témoins, parmi lesquels figurent des hauts fonctionnaires, des agents de sécurité et des collaborateurs ayant travaillé sous les ordres du prévenu, afin de démontrer l'ampleur de l'imposture.