Le ministre nigérian de l'Énergie, Joseph Tegbe, a formellement démenti les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant une augmentation imminente des tarifs de l'électricité. En marge du lancement d'un projet d'infrastructure énergétique dans l'État d'Oyo, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de stabiliser le réseau national plutôt que d'alourdir la charge financière des consommateurs.
Priorité à l'extension du réseau et à la stabilité
Loin d'une politique de hausse des prix, l'exécutif nigérian concentre ses efforts sur la structuration du secteur en trois corridors énergétiques stratégiques : Lagos-Ogun, Abuja-Kaduna-Kano et Benin-Enugu-Port Harcourt. L'objectif affiché est de garantir une alimentation électrique continue, 24 heures sur 24, à travers le pays. Cette stratégie repose sur une modernisation du réseau national visant à assurer une stabilité durable sur l'ensemble du territoire.
Un modèle de mini-réseaux solaires pour l'État d'Oyo
Le lancement d'un projet hybride solaire de 17,7 MW, couplé à un système de stockage par batterie de 17,74 MW, illustre cette nouvelle approche. Développé en collaboration avec Paras Energy et l'Ibadan Electricity Distribution Company (IBEDC), ce dispositif doit desservir plus de 22 500 clients répartis dans cinq zones de gouvernement local, dont Akinyele et Ido. L'infrastructure vise à réduire la dépendance des ménages et des entreprises vis-à-vis des générateurs thermiques, favorisant ainsi un environnement plus propice aux investissements locaux.
Collaboration entre secteur public et privé
Le projet souligne l'importance des partenariats entre les distributeurs d'électricité (DisCos) et les développeurs privés pour améliorer l'accès à l'énergie. L'IBEDC intègre cette production solaire à son infrastructure de distribution existante, un modèle déjà éprouvé par des interventions similaires dans les États d'Ogun et de Kwara. De son côté, le gouvernement de l'État d'Oyo poursuit ses propres initiatives, notamment un projet hybride de 11 MW destiné aux infrastructures publiques, dont une première phase de 5 MW a été mise en service en 2024.
Un enjeu de développement rural
L'initiative, soutenue par l'Agence d'électrification rurale (REA) et la Banque mondiale, est saluée par les autorités locales comme un levier essentiel pour les zones sous-desservies. Si les autorités locales appellent à une accélération des travaux pour atteindre les objectifs fixés d'ici 2027, la réussite de ces mini-réseaux dépendra également de la capacité des communautés bénéficiaires à protéger ces nouvelles installations techniques.