Le gouvernement fédéral nigérian a annoncé une révision complète de l'ensemble des contrats de concession routière en cours dans le pays. Cette décision fait suite à l'état de délabrement avancé de l'autoroute Benin-Asaba, dont la gestion par la société BAECC a été publiquement dénoncée par le ministre des Travaux publics, David Umahi.
Un échec opérationnel sur l'axe Benin-Asaba
Le projet de transformation de l'autoroute Benin-Asaba en une voie à dix voies, confié à la société BAECC en 2025, est au cœur d'une vive polémique. Le ministre des Travaux publics a qualifié la gestion du chantier d'échec total, pointant du doigt l'absence de compétences techniques de l'entreprise. Selon les autorités, le retrait prématuré de l'asphalte existant, effectué contre l'avis des experts, a gravement compromis la viabilité de la route, piégeant de nombreux automobilistes pendant plusieurs jours.
Défense du concessionnaire et critiques techniques
De son côté, Samuel Daramola, PDG de BAECC, a attribué les retards et la dégradation de la chaussée à des conditions météorologiques défavorables et à un trafic routier intense qui aurait entravé la construction des systèmes de drainage. Cependant, le consultant du projet, l'ingénieur Toyin Akinlapa, a contredit cette version, affirmant que le concessionnaire avait délibérément ignoré les instructions techniques visant à garantir les standards de qualité, confirmant ainsi des lacunes au sein de l'équipe technique de l'entreprise.
Vers une refonte des contrats de concession
Face à cette situation, le gouvernement a promis une intervention immédiate pour rendre la route praticable, tout en appelant à une révision structurelle des accords de concession. Le président de la Commission des travaux de la Chambre des représentants, Akin Alabi, a soutenu cette démarche, insistant sur la nécessité d'écarter les prestataires incapables de répondre aux exigences de service public. Le ministère des Travaux publics a désormais reçu pour instruction de sanctionner tout concessionnaire qui détériorerait les infrastructures existantes sans garanties techniques suffisantes.
Responsabilité et enjeux de gouvernance
Le ministre David Umahi a présenté ses excuses aux usagers, assumant la responsabilité de l'État dans le défaut d'évaluation des compétences des entreprises sélectionnées. Cette crise met en lumière les limites du modèle de concession actuel au Nigeria, où l'intérêt public semble avoir été sacrifié. Le gouvernement mise désormais sur une surveillance accrue et une sélection plus rigoureuse des partenaires privés pour éviter que de telles situations ne se reproduisent sur d'autres axes stratégiques du pays.