Le président ghanéen John Dramani Mahama a réaffirmé sa volonté de transformer l'économie nationale en plaçant l'industrialisation au cœur de sa stratégie de développement. Cette ambition s'appuie sur une restructuration ministérielle visant à mieux intégrer les besoins des entreprises locales dans l'élaboration des politiques publiques.
Une nouvelle architecture ministérielle pour l'industrie
Dans le cadre de cette dynamique, le ministère du Commerce a été officiellement rebaptisé ministère du Commerce, de l'Agro-industrie et de l'Industrie. Ce changement de dénomination n'est pas purement symbolique : il vise à offrir une voix plus directe aux industriels au sein de l'exécutif. Le président Mahama a souligné que cette évolution permet une meilleure compréhension des obstacles opérationnels, tels que l'accès au foncier ou la gestion des ressources en eau, qui freinent traditionnellement l'expansion manufacturière.
Le dialogue public-privé comme levier opérationnel
La ministre Elizabeth Ofosu-Adjare est au centre de cette stratégie de proximité. Son action a été saluée tant par le chef de l'État que par les acteurs du secteur privé, notamment lors d'une visite officielle au site de production de Kasapreko Plc à Accra le 8 octobre 2026. Les industriels, représentés par le PDG de Kasapreko, Richard Adjei, ont mis en avant des avancées concrètes, telles que l'extension du délai de rapatriement des recettes d'exportation, passé de 60 à 90 jours. Cette mesure est perçue comme un soutien direct aux entreprises cherchant à renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux.
Objectifs de croissance et souveraineté industrielle
Le gouvernement ghanéen s'est fixé un objectif ambitieux : porter la contribution du secteur manufacturier à au moins 15 % du PIB national d'ici 2030. Cette stratégie repose sur une double approche : favoriser la substitution aux importations tout en dynamisant les capacités d'exportation. Le succès de Kasapreko, qui a levé 1,72 milliard de GH¢ lors de son introduction en bourse en 2026, est cité comme un modèle de la capacité des entreprises locales à mobiliser des capitaux à long terme pour financer leur croissance. Le gouvernement entend poursuivre cette collaboration étroite pour pérenniser la création d'emplois industriels et assurer une transformation structurelle durable de l'économie ghanéenne.