Le ministre ghanéen des Routes et des Autoroutes, Governs Kwame Agbodza, a lancé un ultimatum ferme à l'entreprise Top International Engineering (Gh) Ltd. Face à l'absence de progrès sur le chantier routier reliant Enchi à Elubo, le gouvernement exige des explications immédiates sous peine de résiliation du contrat et de recouvrement des fonds publics versés.
Un chantier au point mort malgré les décaissements
Le projet routier Enchi–Elubo, long de 71,25 kilomètres, est au cœur d'une vive controverse. Bien que l'entreprise Top International Engineering ait perçu 82 millions de GH¢, le ministre dénonce une stagnation flagrante des travaux. Sur le terrain, l'absence d'infrastructures essentielles, notamment de systèmes de drainage et de bétonnage, témoigne d'un manque d'avancement préoccupant. Selon le ministère, ces travaux, entamés depuis 2016 et régulièrement reconduits, ne répondent plus aux attentes des populations locales rencontrées lors d'une visite d'inspection en mai dernier.
L'absence de la direction au centre des tensions
La frustration du ministère est exacerbée par le comportement de la direction de l'entreprise. Le ministre a souligné que le propriétaire de la société, régulièrement absent du territoire ghanéen, a ignoré les convocations officielles visant à justifier le retard accumulé. Cette attitude est perçue par les autorités comme un manque de sérieux dans l'exécution d'un contrat financé par les deniers publics, laissant craindre une volonté délibérée de l'entreprise de ne pas finaliser les travaux malgré les fonds perçus.
Ultimatum et recours juridiques
Face à cette situation, le gouvernement a fixé une échéance impérative : les dirigeants de Top International Engineering doivent se présenter au ministère ce vendredi à 7 heures, accompagnés de leurs responsables clés, pour s'expliquer. Le ministre a été clair sur les conséquences d'un nouveau défaut : le contrat sera retiré. En cas de rupture, l'État ghanéen prévoit d'activer les garanties bancaires liées au projet pour recouvrer les 82 millions de GH¢ déjà versés, rappelant que ces fonds appartiennent au contribuable et ne sauraient être détournés de leur finalité infrastructurelle.