Le Conseil régional de sécurité du Ghana (REGSEC) a ordonné l’interdiction immédiate de toutes les célébrations Akwasidae en dehors des palais royaux de la région traditionnelle de Denkyira, invoquant des risques de tensions communautaires.
Une décision radicale pour désamorcer les conflits
Dans une lettre datée du 28 août 2026, signée par le ministre régional du Centre et président du REGSEC, Eduamoah Ekow Panyin Okyere, l’institution a adressé une directive sans équivoque au Denkyirahene, Odeefo Boa Amponsem IV. Tous les rituels, rassemblements et fêtes liés à l’Akwasidae – une célébration traditionnelle majeure chez les Akan – doivent désormais se tenir exclusivement dans l’enceinte des palais à Dunkwa-On-Offin. Parallèlement, toute installation de nouveaux chefs ou sous-chefs, qu’elle émane de l’une ou l’autre des factions en présence, est suspendue sine die.
Le texte précise que « aucune cérémonie d’installation ou processus connexe ne pourra avoir lieu jusqu’à nouvel ordre ». En cas de non-respect, les autorités menacent de procéder à un bannissement immédiat et à une dissolution physique des activités par les forces de sécurité. Une mesure qui vise à prévenir toute escalade des tensions dans cette zone traditionnelle déjà fragilisée par des divisions internes.
Des sanctions immédiates et une surveillance accrue
Pour garantir le respect de cette interdiction, le REGSEC a déployé des personnels de sécurité autour des palais afin de surveiller les mouvements. Les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires, une stratégie qui reflète la volonté des autorités de ne tolérer aucun dérapage. Par ailleurs, le Conseil a annoncé l’organisation prochaine d’une réunion de médiation avec les représentants des deux factions en conflit, dans l’espoir de rétablir un dialogue constructif et de trouver une issue pacifique à la crise.
Un enjeu bien plus large que la tradition
Cette décision s’inscrit dans un contexte où les rivalités autour de la chefferie traditionnelle – souvent liées à des luttes de pouvoir ou à des revendications foncières – menacent la stabilité locale. L’Akwasidae, célébration mensuelle majeure dans le calendrier Akan, devient ici un symbole des tensions plus profondes qui traversent la région. En recentrant les festivités sur les palais, les autorités cherchent à reprendre le contrôle d’un espace symbolique et à éviter que ces rassemblements ne servent de catalyseurs à des affrontements.
Si cette mesure peut être perçue comme une restriction des libertés culturelles, elle illustre aussi la priorité donnée à la sécurité collective dans un pays où les conflits traditionnels ont parfois dégénéré en violences intercommunautaires. La suite dépendra de la capacité des parties prenantes à s’entendre lors des discussions prévues, mais aussi de la fermeté des forces de l’ordre dans l’application des nouvelles règles.