Face à l'ampleur des dégâts environnementaux causés par l'orpaillage illégal, le ministère de l'Administration locale, de la Chefferie et des Affaires religieuses du Ghana a sommé les responsables des districts (MMDCE) de sortir de leur passivité. Cette nouvelle posture gouvernementale vise à décloisonner la lutte contre le « galamsey », en rappelant que chaque parcelle de terre dégradée relève de la juridiction administrative locale.
Une responsabilité administrative réaffirmée
Le ministre Mahama Ayariga a reconnu une forme de culpabilité institutionnelle, soulignant que les autorités locales ne peuvent plus ignorer les activités extractives illicites se déroulant sous leur autorité. Pour pallier ce manque d'implication, le ministère prévoit d'organiser une conférence nationale réunissant l'ensemble des chefs de districts, municipalités et métropoles. L'objectif est de transformer la lutte contre l'orpaillage en une responsabilité partagée, impliquant non seulement le ministère des Terres et des Ressources naturelles, mais aussi les autorités décentralisées et les chefs traditionnels, garants du foncier.
L'urgence écologique dans les zones critiques
Les données actuelles révèlent une situation alarmante : 120 des 261 districts du pays sont directement touchés par l'orpaillage illégal, avec 44 zones identifiées comme des points chauds nécessitant une présence sécuritaire permanente. Dans la région de l'Ouest, 12 districts sur 14 sont confrontés à cette crise. Les systèmes fluviaux vitaux, tels que la Pra, l'Ankobra, l'Offin, la Tano, la Birim et la Densu, subissent des pollutions massives, menaçant l'accès à l'eau potable de millions de citoyens.
Le projet de réhabilitation de la rivière Jimi
En marge de ces annonces, une initiative pilote de restauration a été lancée à Tasleman, près d'Obuasi. Le projet, soutenu par AngloGold Ashanti, vise à réhabiliter 153 hectares de terres dégradées et à restaurer le cours de la rivière Jimi, détourné par les orpailleurs. Cette déviation menace directement le barrage de Jimi, source d'approvisionnement en eau pour plus de 200 000 habitants. Lors d'une inspection sur site, l'Asantehene, Otumfuo Osei Tutu II, a rappelé que la quête de profits immédiats ne saurait justifier la destruction irréversible des écosystèmes indispensables à la survie des populations.