Le système éducatif ghanéen fait face à une crise de placement des élèves dans les lycées, exacerbée par une inadéquation entre l'augmentation massive des effectifs et les capacités d'accueil réelles. Le ministre de l'Éducation, Haruna Iddrisu, a souligné que si la politique de gratuité de l'enseignement secondaire a permis d'élargir l'accès à l'école, l'absence d'investissements structurels concomitants par l'administration précédente a créé une pression insoutenable sur le système actuel.
Un déséquilibre structurel au cœur de la crise
Selon le ministre, la difficulté majeure réside dans l'écart croissant entre le nombre d'élèves cherchant une admission et les places disponibles dans les établissements. Haruna Iddrisu estime que la précédente administration, sous la présidence de Nana Akufo-Addo, porte une responsabilité directe dans cette situation. Bien que l'initiative de gratuité ait favorisé une hausse exponentielle des inscriptions, les infrastructures n'ont pas suivi le rythme, rendant le système de placement informatisé (CSSPS) incapable de répondre efficacement à la demande nationale.
Un plan d'investissement de 300 millions de dollars
Pour remédier à cette saturation, le gouvernement actuel, sous l'impulsion du président John Mahama, a mobilisé un financement de 300 millions de dollars auprès de la Banque mondiale. Sur cette enveloppe, 2,8 milliards de cédis seront spécifiquement alloués à l'expansion des capacités d'accueil. L'objectif est de construire dix nouveaux lycées modèles de catégorie A, répondant aux standards nationaux, afin de désengorger les établissements existants.
Priorité aux zones urbaines et défavorisées
La stratégie de déploiement de ces nouvelles infrastructures repose sur une approche ciblée. Le gouvernement prévoit de concentrer ses efforts sur les régions identifiées comme les plus démunies, notamment Western North et Oti, ainsi que sur des zones à forte densité urbaine comme Kasoa et Nima. Le président Mahama a également insisté sur la nécessité de privilégier les internats dans ces zones périurbaines, afin d'offrir des conditions d'apprentissage optimales aux élèves et de stabiliser durablement le système de placement scolaire.