Le ministère ghanéen de la Communication, des Technologies numériques et de l'Innovation a présenté un état des lieux de son action entre janvier et août 2026. Entre baisse des coûts des services pour les citoyens et fragilité des infrastructures face aux coupures de fibre et aux instabilités électriques, le gouvernement affiche une volonté de régulation accrue pour soutenir la transformation numérique du pays.
Une pression sur les opérateurs pour réduire les coûts
Le ministère a mis en avant des résultats concrets en matière de pouvoir d'achat numérique. Grâce à des négociations directes avec les opérateurs, les volumes de données mobiles ont augmenté de 10 à 15 % pour les utilisateurs. Parallèlement, le secteur du haut débit fixe a connu une baisse tarifaire significative, avec des réductions allant jusqu'à 70 % sur certaines offres fibre de MTN. Ces mesures visent à rendre l'accès aux services numériques plus abordable pour les ménages et les entreprises, tout en maintenant une stabilité des prix sur les bouquets de télévision payante.
Défis structurels et protection des réseaux
Malgré ces avancées, le réseau national reste vulnérable. Le ministre a pointé du doigt les dommages physiques causés aux câbles à fibre optique, souvent dus à des travaux routiers non coordonnés, ainsi que l'instabilité du réseau électrique national qui impacte directement la disponibilité des sites cellulaires. Pour y remédier, une politique « Dig Once » a été instaurée, imposant une meilleure coordination entre les agences routières et les opérateurs télécoms. Des sanctions financières sont désormais prévues pour les dommages causés par des tiers aux infrastructures critiques.
Modernisation et inclusion numérique
Le programme « One Million Coders » s'impose comme un pilier de la stratégie nationale, avec plus de 27 000 apprenants actifs à ce jour. L'accent est mis sur des compétences à forte demande comme la cybersécurité et l'analyse de données. Par ailleurs, le gouvernement a franchi une étape clé avec l'adoption de la stratégie nationale sur l'intelligence artificielle 2025-2035. Sur le plan administratif, la numérisation des archives publiques et la mise en place d'un portefeuille de documents électroniques visent à moderniser l'accès aux services publics.
Cap sur la connectivité rurale
Le ministère a réaffirmé sa volonté de combler le fossé numérique entre les zones urbaines et rurales. L'objectif est de remplacer progressivement les anciennes technologies 2G et 3G par des infrastructures 4G, indispensables pour permettre aux agriculteurs et aux populations isolées d'accéder aux services de télémédecine, d'e-commerce et de banque mobile. Ce déploiement est soutenu par des investissements privés massifs, notamment de la part de MTN et Telecel, visant à étendre la couverture réseau dans les régions les moins desservies.