La nomination d'Emilia Afi Agbenyo au poste de vice-présidente de la Commission électorale (EC) du Ghana suscite une vive controverse politique. Le porte-parole du gouvernement a ouvertement admis que cette décision visait à « faire pencher la balance » au sein de l'institution, déclenchant une levée de boucliers de l'opposition.
Une volonté affichée de rééquilibrage institutionnel
Le porte-parole du gouvernement, Felix Kwakye Ofosu, a justifié cette nomination en invoquant la nécessité de corriger ce qu'il qualifie de déséquilibre politique au sein de la Commission. Selon lui, sur les sept commissaires chargés de superviser les élections nationales, une majorité serait proche du New Patriotic Party (NPP), la principale formation d'opposition. En nommant une figure issue du National Democratic Congress (NDC), le gouvernement cherche, selon ses propres termes, à rétablir une forme de parité au sein de l'organe décisionnel.
La neutralité de la Commission électorale en question
Cette nomination, qui concerne également le Dr Joseph Kwaku Asamoah, est vivement contestée par le NPP. L'opposition pointe du doigt le passé militant d'Emilia Afi Agbenyo, ancienne porte-parole du comité du manifeste du NDC, pour remettre en cause son impartialité. Pour le NPP, cette manœuvre compromet l'indépendance de l'arbitre électoral et risque d'éroder la confiance des citoyens envers le processus démocratique. Les critiques soulignent une contradiction avec les discours antérieurs du président John Mahama sur la nécessité d'une administration électorale neutre.
Le pari de la conduite future
Face aux accusations de partialité, le gouvernement rejette l'idée d'un deux poids, deux mesures. Felix Kwakye Ofosu soutient que les préoccupations légitimes soulevées par une partie de l'opinion publique seront dissipées par la conduite professionnelle de la nouvelle commissaire une fois en poste. Lors de la cérémonie de prestation de serment, le président John Dramani Mahama a officiellement enjoint les nouveaux membres à agir avec indépendance et impartialité, insistant sur l'absence de traitement de faveur envers quelque candidat ou parti politique que ce soit. L'enjeu majeur reste désormais la capacité de la Commission à maintenir sa crédibilité institutionnelle lors des prochaines échéances électorales, alors que le débat sur sa composition continue de polariser la scène politique ghanéenne.