Le ministre de la Justice et Procureur général du Ghana a officiellement exhorté l'Association du Barreau (GBA) à maintenir une distance rigoureuse vis-à-vis de la politique partisane. Lors de la conférence annuelle tenue à Ada le 14 septembre, le gouvernement a réaffirmé que la crédibilité de l'institution repose sur sa capacité à demeurer la « conscience de la République » tout en préservant son autonomie professionnelle.
Une exigence de neutralité institutionnelle
S'exprimant par la voix du procureur général adjoint, le Dr Justice Srem-Sai, le ministre a souligné que cette recommandation s'appuie sur une observation des pratiques au sein du Commonwealth. Selon le gouvernement, les associations d'avocats les plus influentes sont celles qui parviennent à rester strictement professionnelles, évitant ainsi d'être absorbées par les dynamiques de pouvoir politique. Cette posture est jugée essentielle pour que le Barreau puisse continuer à remplir son rôle traditionnel de gardien de la Constitution et d'ami de la cour.
La responsabilité réciproque de l'État
Le plaidoyer pour l'indépendance du Barreau s'accompagne d'une reconnaissance des devoirs de l'État envers la profession juridique. Le ministre a insisté sur le fait que l'autonomie ne peut être effective si les avocats dépendent financièrement ou administrativement du gouvernement. Il incombe donc aux pouvoirs publics de garantir les conditions institutionnelles permettant au Barreau de s'autogérer, de discipliner ses membres et de fonctionner sans solliciter l'aval de l'exécutif.
Un équilibre délicat pour la démocratie
Le débat posé lors de cette conférence met en lumière la tension permanente entre l'engagement citoyen des juristes et la nécessité de conserver une posture arbitrale. En rappelant que l'indépendance doit être contextualisée, le gouvernement ghanéen invite à une réflexion sur la nature du contrat social entre les institutions judiciaires et l'État. Pour le Barreau, l'enjeu est de taille : il s'agit de démontrer que son influence dans le débat public gagne en légitimité lorsqu'elle est exercée en dehors de toute allégeance politique, renforçant ainsi la confiance des citoyens dans les institutions de la République.