Le ministère ghanéen des Finances intensifie ses efforts pour assainir la gestion des deniers publics, condition sine qua non à la réussite de son agenda de transformation économique. Le vice-ministre Thomas Nyarko Ampem a exhorté les auditeurs internes à passer d'une logique de constatation des erreurs à une stratégie de prévention active des pertes financières.
Une réduction notable des irrégularités financières
Les données issues du rapport 2025 de l'Auditeur général témoignent d'une amélioration significative de la rigueur budgétaire. Les irrégularités financières au sein des institutions publiques ont chuté de 62,9 %, passant de 20,72 milliards de cédis en 2024 à 7,69 milliards de cédis en 2025. Malgré cette progression, le gouvernement estime que le montant résiduel des irrégularités demeure un signal d'alerte nécessitant une vigilance constante pour éviter le gaspillage des ressources nationales.
La lutte contre les créances fictives
L'examen des arriérés et des dettes de l'État a mis en lumière l'importance cruciale des contrôles préventifs. Sur un total de 68,7 milliards de cédis de créances soumises à vérification, 8,1 milliards ont été rejetés. Ces demandes étaient entachées d'irrégularités variées, allant de l'absence de documents justificatifs à des doublons, voire à des factures falsifiées pour des travaux non réalisés. Cette expérience confirme, selon le ministère, qu'il est bien plus efficace de bloquer un paiement indu en amont que d'engager des procédures de recouvrement complexes et coûteuses.
Moderniser l'audit par la technologie
Pour soutenir l'ambition d'une économie industrialisée et résiliente, le gouvernement préconise une transformation des méthodes d'audit. Le vice-ministre a insisté sur l'intégration de l'analyse de données et des outils numériques pour identifier les risques en temps réel, notamment dans les processus de passation de marchés et la gestion de la masse salariale. Cette modernisation doit toutefois s'accompagner d'une indépendance institutionnelle renforcée pour les auditeurs et d'une volonté politique des chefs d'institutions à appliquer strictement les recommandations d'audit pour rompre avec les pratiques de gestion obsolètes.