Le ministère français de la Transition écologique a officialisé, ce vendredi 21 août, la nouvelle liste triennale des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Ce dispositif autorise la destruction, le piégeage et la capture d'animaux tels que le renard, la fouine ou le corbeau, afin de protéger les activités agricoles et l'élevage.
Un cadre réglementaire strict pour la régulation
L'arrêté ministériel définit les modalités d'intervention pour chaque espèce, souvent assorties de conditions géographiques ou techniques précises. Par exemple, le piégeage de la belette, de la fouine ou de la martre est autorisé toute l'année, mais limité à un périmètre de 250 mètres autour des bâtiments, des élevages avicoles ou des exploitations apicoles. D'autres espèces, comme l'étourneau sansonnet, le geai des chênes ou la corneille noire, sont également visées par ces mesures de régulation, dont l'application varie selon les départements.
La contestation scientifique et associative
Cette décision fait l'objet d'une opposition frontale de la part de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Son président, Allain Bougrain-Dubourg, a dénoncé une mesure qualifiée d'« irrationalité biologique » et de « non-sens économique ». L'association s'appuie sur des données suggérant que le coût financier lié à l'éradication de ces espèces serait quatre fois supérieur aux dommages agricoles qu'elles sont censées provoquer.
L'efficacité des mesures de destruction en question
La controverse dépasse le cadre militant pour toucher le champ scientifique. Une étude du Muséum national d'histoire naturelle, parue en mars dans la revue Biological Conservation, souligne l'inefficacité de l'élimination massive des animaux classés ESOD. Selon ces travaux, ces pratiques ne permettraient ni de réduire significativement les pertes économiques attribuées à la faune sauvage, ni de réguler durablement les effectifs des populations concernées.
Un recours juridique en préparation
Face au maintien de cette politique, la LPO a d'ores et déjà annoncé son intention de contester l'arrêté devant le Conseil d'État. Ce recours judiciaire marque une nouvelle étape dans le débat public français sur la gestion de la biodiversité et la nécessité de privilégier des stratégies de cohabitation plutôt que des méthodes d'élimination systématique.