Pour répondre à l'impératif de réduction du déficit public, le gouvernement français explore des pistes d'économies budgétaires ciblant directement les retraités. Ces mesures, qui s'inscrivent dans un effort global de 54 milliards d'euros, pourraient combiner une révision de la fiscalité sur les pensions et une modulation de leur revalorisation.
Un plafonnement de l'abattement fiscal à l'étude
L'une des pistes privilégiées par l'exécutif consiste à abaisser le plafond de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. Actuellement fixé à 4 439 euros, ce plafond pourrait être ramené à 3 000 euros. Selon les estimations de Bercy, cette modification de la base imposable permettrait de générer 1,4 milliard d'euros de recettes fiscales supplémentaires. Cette mesure, bien que jugée politiquement sensible, avait déjà été débattue au Sénat lors de précédents exercices budgétaires.
Modulation des pensions selon les revenus
Parallèlement à cette réforme fiscale, le gouvernement envisage une gestion différenciée de la revalorisation des pensions de retraite de base. Selon des documents transmis au Conseil d'État, un gel des pensions pourrait être appliqué aux retraités percevant au moins 2 034 euros par mois. Pour les revenus situés entre 1 260 et 2 034 euros, l'exécutif privilégierait une sous-indexation, c'est-à-dire une hausse inférieure au taux de l'inflation. Les pensions inférieures à 1 260 euros seraient, quant à elles, maintenues à leur niveau actuel d'indexation sur l'inflation.
Un arbitrage attendu pour le mois d'octobre
Si ces pistes font l'objet de discussions au sein de l'exécutif, les ministères concernés soulignent qu'aucun arbitrage définitif n'a été rendu. Le gouvernement insiste sur sa volonté de protéger les plus petites retraites, tout en cherchant à limiter l'effort global demandé aux retraités en deçà des 6 milliards d'euros initialement évoqués. Ces mesures, qualifiées de points d'accroche pour le débat parlementaire, seront précisées lors de la présentation des projets de budget de l'État et de la Sécurité sociale en conseil des ministres, prévue pour le 1er octobre.
Le contexte de la revalorisation des pensions
Ces réflexions interviennent après une période de revalorisation continue des pensions de retraite. Entre 2022 et 2026, ces dernières ont progressé d'environ 15 % pour suivre l'évolution de l'inflation. Ce nouveau cadre budgétaire marque une inflexion dans la trajectoire des finances publiques, alors que le gouvernement cherche à ramener le déficit à 5 % d'ici 2027.