Le gouvernement français a officiellement saisi la Haute autorité de santé (HAS) pour évaluer la possibilité d'autoriser les pharmaciens, infirmiers et sages-femmes à prescrire et administrer les vaccins liés aux voyages internationaux. Cette initiative vise à simplifier le parcours de prévention des voyageurs tout en adaptant le système de santé aux nouveaux enjeux sanitaires mondiaux.
Une saisine pour élargir les compétences vaccinales
Actuellement, si les professionnels de santé paramédicaux ont vu leurs prérogatives vaccinales s'étendre progressivement en France, les vaccins spécifiques aux déplacements à l'étranger — tels que ceux contre la fièvre jaune, la rage, la typhoïde ou l'encéphalite japonaise — restent hors de leur champ de compétence. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a demandé à la HAS de formuler des recommandations d'ici la fin de l'année 2027. L'objectif est de déterminer quels vaccins pourraient être intégrés à ces nouvelles pratiques et sous quelles conditions de formation et de suivi.
La réponse aux risques sanitaires liés au climat
L'Ordre national des pharmaciens souligne l'urgence de cette mesure face à l'augmentation des cas importés de pathologies tropicales, exacerbée par le changement climatique. Au-delà de la simple vaccination, les autorités professionnelles plaident pour une prise en charge globale du voyageur. Cela inclurait la prescription et la délivrance de traitements préventifs contre le paludisme, accompagnées d'entretiens de conseil sanitaire personnalisés, renforçant ainsi le rôle de proximité des officines.
Formation et sécurisation du parcours patient
La lettre de cadrage adressée à la HAS insiste sur la nécessité d'encadrer strictement cette évolution. L'analyse devra définir les besoins en formation continue pour garantir la sécurité des patients et établir des protocoles clairs d'orientation vers des consultations spécialisées lorsque la complexité du dossier médical le nécessite. Pour les syndicats de pharmaciens, cette réforme représente une étape logique pour fluidifier l'accès à la prévention, alors que le secteur cherche à intégrer ces compétences dans les futurs calendriers vaccinaux pour répondre plus efficacement aux besoins des citoyens.