Le gouvernement français, sous l'impulsion du Premier ministre Sébastien Lecornu, s'apprête à engager une réforme profonde du système des arrêts maladie. Face à une hausse spectaculaire des indemnités journalières versées par l'Assurance maladie, l'exécutif cherche à concilier la maîtrise des comptes publics et la préservation du droit aux soins pour les salariés réellement affectés par la maladie.
Une pression croissante sur les finances publiques
Le constat dressé par le chef du gouvernement est sans appel : les dépenses liées aux arrêts de travail ont atteint des niveaux records. En 2025, les indemnités journalières versées par l'Assurance maladie ont totalisé 12,1 milliards d'euros, auxquels s'ajoutent 5,8 milliards pour les accidents du travail et maladies professionnelles. Ce cumul représente une augmentation de 65 % depuis 2016, une trajectoire jugée insoutenable pour les finances de l'État et préjudiciable à la cohésion au sein des entreprises et des administrations.
Le levier de la carence et la concertation sociale
Si la méthode précise reste à définir, le gouvernement privilégie la voie de la concertation avec les partenaires sociaux. Parmi les pistes évoquées, l'allongement de la période de carence — ces jours non indemnisés par la Sécurité sociale au début d'un arrêt — revient avec insistance. Le patronat plaide pour l'instauration de jours de carence dits d'ordre public, qui ne seraient compensés ni par l'organisme de santé ni par l'employeur, afin de responsabiliser davantage les acteurs et de limiter les recours abusifs.
Réduction des plafonds d'indemnisation
Parallèlement, l'exécutif agit par voie réglementaire pour réduire la facture globale. Après avoir abaissé le plafond des indemnités journalières pour maladie à 1,4 Smic en avril 2025, le gouvernement cible désormais les accidents du travail et maladies professionnelles. Un nouveau décret prévoit de ramener le plafond d'indemnisation à 1,8 Smic à compter du 1er novembre 2026, contre un peu plus de 3 Smic actuellement. Cette mesure, couplée à la fiscalisation des indemnités liées aux accidents du travail prévue dans le prochain projet de loi de finances, devrait générer des économies estimées à plus de 500 millions d'euros d'ici 2027.