Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a présenté un plan de redressement budgétaire visant à réaliser 54 milliards d'euros d'économies. Ce projet, qui doit être soumis au Conseil des ministres le 1er octobre, ambitionne de ramener le déficit public à 5 % du PIB d'ici 2027 face à une conjoncture internationale dégradée.
Un effort partagé entre État, collectivités et protection sociale
Pour éviter que le déficit ne s'approche des 6,5 % du PIB, le gouvernement mise sur une réduction des dépenses à plusieurs niveaux. L'État se présente comme le premier contributeur, mais les collectivités locales sont également sollicitées avec un freinage imposé à leurs dépenses de fonctionnement. Parallèlement, les comptes sociaux sont sous tension : le vieillissement de la population menace d'alourdir les dépenses de la Sécurité sociale de 22 millions d'euros sans mesures correctives. Le gouvernement prévoit notamment de fiscaliser les indemnités liées aux arrêts de travail et de réformer les ruptures conventionnelles pour générer des économies substantielles.
Retraites, APL et fonction publique dans le viseur
Le plan prévoit des mesures d'austérité touchant directement le pouvoir d'achat. Le point d'indice des fonctionnaires sera gelé, une décision vivement critiquée par les syndicats qui soulignent une perte cumulée de pouvoir d'achat depuis 2017. Concernant les retraités et les bénéficiaires des aides personnelles au logement (APL), le gouvernement n'exclut pas un gel ou une désindexation des pensions sur l'inflation. Si le Premier ministre assure qu'aucune pension ne diminuera, il laisse au Parlement la responsabilité de trancher sur le rythme des revalorisations.
Un équilibre politique précaire au Parlement
La mise en œuvre de ce budget s'annonce complexe dans un contexte de forte opposition parlementaire. Sébastien Lecornu a lancé un appel à la responsabilité, proposant à La France insoumise de renoncer à l'obstruction parlementaire en échange de l'abandon du recours au 49.3. En parallèle, le gouvernement tente de manœuvrer face au Rassemblement national en proposant un délai de carence pour certaines allocations versées aux étrangers. Ces arbitrages interviennent alors que le pays fait face à une grogne sociale croissante, alimentée par la hausse des prix des carburants et les incertitudes liées à la dette publique.