Face à l'impératif de réduire le déficit public à 5% du PIB, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a présenté une stratégie budgétaire ambitieuse pour 2027. Ce plan, qui prévoit un effort global de 54 milliards d'euros, repose sur une réduction drastique des dépenses de l'État et une révision ciblée des prestations sociales.
Une rigueur budgétaire généralisée
Le gouvernement affiche une volonté de discipline budgétaire inédite. À l'exception des budgets sanctuarisés des Armées, de la Justice, de l'Intérieur, de la Recherche et de l'Écologie, les dépenses de l'État seront gelées en valeur. Cette cure d'austérité touche directement la fonction publique avec le gel du point d'indice, une mesure destinée à générer 2 milliards d'euros d'économies, tout en ouvrant la porte à des négociations pour protéger les bas salaires face à l'inflation. Les cabinets ministériels seront également soumis à une compression de leurs enveloppes budgétaires.
Réformes des prestations sociales et des retraites
La stratégie gouvernementale prévoit une contribution des retraités, plafonnée à 6 milliards d'euros, dont les modalités précises seront débattues au Parlement. Si le gouvernement assure que les pensions ne diminueront pas, il envisage un gel des plus hautes retraites et des allocations comme les APL. Parallèlement, une mesure de carence sera instaurée pour l'accès des étrangers aux allocations sociales non contributives, une décision présentée par l'exécutif comme une mesure d'alignement et de bon sens. Le gouvernement cible également les arrêts maladie, avec un objectif d'économie de 2 milliards d'euros, et prévoit une réforme des ruptures conventionnelles.
Stabilité fiscale et soutien à l'investissement
Malgré l'ampleur des coupes, le Premier ministre écarte toute hausse de l'impôt sur le revenu, invoquant la nécessité d'une stabilité fiscale. Dans une logique de soutien à la croissance et à l'attractivité du pays, le gouvernement prévoit d'alléger la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises en excluant les entreprises de taille intermédiaire (ETI), ramenant le produit de cette taxe à 5 milliards d'euros. Enfin, le plan intègre une dimension démographique avec la volonté de recentrer l'allocation de rentrée scolaire et la création d'un prêt à taux zéro dédié à la natalité pour faciliter l'accès au logement des familles.
Un processus parlementaire ouvert
Le texte, qui doit être transmis au Haut Conseil des finances publiques avant son examen en Conseil des ministres le 1er octobre, n'est pas figé. Sébastien Lecornu a exprimé son souhait de voir le budget adopté sans recours à l'article 49.3, conditionnant cette méthode à l'absence d'obstruction parlementaire. Les députés disposeront donc d'une marge de manœuvre importante pour amender les propositions initiales dès la mi-octobre à l'Assemblée nationale.