Le partenariat commercial entre le géant chinois de l'automobile BYD et le fournisseur d'électricité français EDF, détenu à 100 % par l'État, a suscité une vive controverse politique en France. Face aux critiques dénonçant un soutien public à un industriel étranger au détriment des constructeurs nationaux, le gouvernement a ordonné l'abrogation de cette convention d'ici la fin de l'année 2026.
Un dispositif de subvention contesté
L'accord, annoncé début septembre, prévoyait l'intégration des Certificats d'économies d'énergie (CEE) dans les offres commerciales de BYD. Ce mécanisme, initialement conçu pour la rénovation thermique des bâtiments et élargi au secteur automobile en 2025, permettait aux clients de bénéficier d'une réduction directe de 365 euros pour les particuliers et de 55 euros pour les entreprises lors de l'achat d'un véhicule électrique de la marque. Pour EDF, l'objectif affiché était de favoriser la transition vers la mobilité électrique, tandis que BYD cherchait à renforcer l'attractivité de ses solutions de financement sur le marché français.
Une levée de boucliers politique
L'annonce a immédiatement provoqué des réactions hostiles au sein de la classe politique française, traversant les clivages partisans. Des élus, à l'instar du député Sacha Houlié ou de la sénatrice Marie-Claire Carrère Gée, ont qualifié cette collaboration de « scandaleuse » et d'« irresponsable ». Le cœur de la critique repose sur le rôle d'une entreprise publique française qui, par ce biais, favorise activement un concurrent étranger face aux constructeurs automobiles nationaux, dans un contexte de forte pression concurrentielle sur le marché européen.
La stratégie d'expansion de BYD en Europe
Cette polémique s'inscrit dans une dynamique d'exportation agressive des constructeurs chinois, qui cherchent à compenser le ralentissement de leur marché intérieur. En août 2026, les ventes internes en Chine ont chuté de 24 %, poussant les industriels à intensifier leurs exportations, qui ont progressé de 78 % sur la même période. BYD, qui ambitionne d'atteindre 2 millions d'unités exportées en 2026, affiche une croissance rapide en France : avec 19 270 véhicules immatriculés depuis le début de l'année, la marque a vu sa part de marché passer de 0,8 % à 1,7 %, atteignant même 2,3 % sur le seul mois d'août. Cette montée en puissance, désormais privée du soutien opérationnel d'EDF, reste un point de vigilance majeur pour l'industrie automobile européenne.