Le gouvernement espagnol a catégoriquement démenti toute tentative de bloquer une visite du roi Felipe VI à Ceuta, une enclave espagnole en Afrique du Nord, malgré les pressions locales et les tensions récurrentes avec le Maroc.
Madrid rejette les rumeurs d’un veto de Sánchez
La ministre espagnole des Migrations, Elma Saiz, a affirmé ce lundi que l’exécutif n’avait « pas connaissance » d’une demande du monarque pour se rendre à Ceuta. Elle a ainsi balayé les spéculations selon lesquelles le Premier ministre Pedro Sánchez aurait opposé un veto à cette visite, dans un contexte marqué par la crise migratoire du 30 juillet. La ministre a précisé que « le Palais royal gère son propre agenda », rappelant que les déplacements officiels du roi doivent être approuvés par le gouvernement.
Ceuta exige une présence royale malgré les risques diplomatiques
Le gouvernement de Ceuta, dirigé par Juan Vivas, a relancé l’idée d’une visite de Felipe VI le 2 septembre, à l’occasion de la Journée de Ceuta. Pourtant, depuis son accession au trône en 2014, le roi n’a jamais effectué de déplacement officiel dans cette enclave, malgré les nombreuses invitations des élus locaux. Cette absence s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes avec le Maroc, qui avait vivement réagi en 2007 à la visite de l’ancien couple royal, Juan Carlos et Sofía, qualifiant ce déplacement d’« atteinte aux sentiments patriotiques du peuple marocain ».
Un équilibre délicat entre souveraineté et relations bilatérales
La question dépasse le simple protocole : une visite royale à Ceuta ou Melilla pourrait être interprétée comme une provocation par Rabat, alors que l’Espagne cherche à maintenir un dialogue malgré les différends frontaliers et migratoires. L’opposition de droite accuse régulièrement le gouvernement de Sánchez de freiner ces déplacements pour éviter de froisser le Maroc. Pourtant, Madrid insiste sur le fait que la décision relève exclusivement de l’agenda royal, sous réserve de l’approbation gouvernementale.