Le nouveau gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri inaugure une architecture inédite marquée par la suppression des secrétariats d'État. Cette réorganisation, qui privilégie le recours aux ministres délégués rattachés à des départements élargis, vise à rationaliser la gestion des dossiers publics tout en redéfinissant les périmètres d'intervention ministériels.
Une nouvelle architecture pour l'Exécutif
La suppression des secrétariats d'État constitue le changement structurel majeur de ce cabinet. Désormais, les responsabilités sont réparties entre des ministres de plein exercice et des ministres délégués, ces derniers étant directement intégrés au sein de structures ministérielles plus vastes. Cette approche cherche à éviter la multiplication des entités autonomes tout en assurant une meilleure répartition du travail gouvernemental sur des domaines spécifiques.
Priorité à la transformation numérique et aux secteurs stratégiques
Parmi les évolutions notables, la création d'un ministère dédié à l'Intelligence artificielle, à la Transformation numérique et à la Réforme de l'administration, sous la direction d'Ahmed Rahhou, illustre une volonté de moderniser les services publics. En parallèle, le gouvernement a procédé à des transferts de compétences significatifs : le ministère de l'Équipement et de l'Eau, dirigé par Nizar Baraka, intègre désormais le secteur des forêts, tandis que le portefeuille de l'Éducation, confié à Nabil Benabdallah, s'appuie sur deux ministres délégués pour piloter le préscolaire, la lutte contre le décrochage scolaire et la formation professionnelle.
Redéploiement des responsabilités sectorielles
D'autres secteurs clés voient leur périmètre évoluer pour optimiser l'action publique. Le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire accueille Ahmed Mehdi Mezouari pour le volet pêche, tandis que le département du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, dirigé par Jalal Charaf, délègue les deux derniers domaines à Abdeljabbar Errachidi. Cette logique de regroupement s'applique également à l'aménagement du territoire et à l'industrie, où des ministres délégués sont chargés de missions précises comme le commerce extérieur ou l'habitat.
Les enjeux de la mise en œuvre
Si cette architecture simplifie l'organigramme, son efficacité réelle dépendra de la coordination entre les différents départements. La réussite de cette transition repose sur la clarté des attributions et les moyens alloués aux ministres délégués pour mener à bien leurs missions. La capacité du gouvernement à éviter les chevauchements administratifs et à assurer un suivi rigoureux des politiques publiques sera le véritable indicateur de la pertinence de cette réforme structurelle.