La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marocain ouvre une phase décisive pour l'Exécutif, désormais attendu sur sa capacité à transformer une coalition politique en un moteur d'action publique efficace. Alors que la répartition des portefeuilles ministériels cristallise les enjeux, l'exigence de résultats concrets prime désormais sur les traditionnels compromis partisans.
Une coalition sous le signe de la responsabilité
Suite aux élections législatives du 23 septembre, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), fort de ses 97 sièges, a officialisé le 12 octobre une alliance avec l'Istiqlal, l'USFP et le PPS. Cette majorité, nécessaire pour gouverner, place Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à occuper ce poste, devant un défi structurel : concilier les intérêts des partis alliés avec les attentes pressantes du pays. Lors de sa réception au Palais Royal le 14 octobre, le Souverain a insisté sur la nécessité d'une mobilisation globale et d'une action gouvernementale sérieuse, soulignant que la solidité de la majorité ne saurait suffire à répondre aux enjeux actuels.
La compétence comme boussole de l'Exécutif
Pour les observateurs de la vie politique, la composition du futur cabinet constitue un test de maturité. Rachid Lazrak, directeur du Centre nord-africain d’études, de recherches et d’évaluation des politiques publiques, souligne que l'Exécutif doit impérativement privilégier l'expertise et la capacité de gestion. Si la représentativité politique est inhérente à toute coalition, elle ne doit pas occulter la nécessité de profils dotés d'une vision stratégique. L'enjeu est de faire en sorte que le gouvernement ne soit pas une simple juxtaposition de rapports de force, mais un organe capable de piloter des politiques sectorielles cohérentes.
Vers une transformation des méthodes de gouvernance
Au-delà du casting ministériel, c'est la méthode de travail qui est scrutée. Le passage d'une logique de compromis à une culture de résultat suppose, selon les analystes, une unité de pilotage politique renforcée et une coordination accrue entre les départements. Face à des dossiers prioritaires comme l'emploi, la justice sociale et l'amélioration des services publics, le gouvernement est appelé à dépasser les approches sectorielles fragmentées. La réussite de l'équipe El Mansouri se mesurera à sa faculté d'instaurer une reddition des comptes basée sur des indicateurs mesurables, transformant ainsi la pluralité partisane en une force d'action collective au service des citoyens.