Le gouvernement de l'État du Plateau, au Nigeria, a décrété un couvre-feu de 18h à 6h dans les zones de gouvernement local de Barkin Ladi, Bokkos et Mangu. Cette mesure d'urgence fait suite à une série d'attaques meurtrières ayant causé la mort d'au moins neuf personnes le week-end dernier, exacerbant une situation sécuritaire déjà fragile dans la région.
Un dispositif sécuritaire renforcé
Annoncée par Joyce Ramnap, commissaire à l'Information et à la Communication, cette restriction de mouvement est entrée en vigueur immédiatement et restera effective jusqu'à nouvel ordre. Outre le couvre-feu, les autorités ont ordonné l'interdiction totale de l'usage des motocyclettes dans les zones concernées. L'objectif affiché est de permettre aux forces de sécurité de stabiliser le terrain, de protéger les populations civiles et de prévenir de nouveaux troubles à l'ordre public.
Une spirale de violences persistante
La décision gouvernementale intervient après un week-end particulièrement sanglant. Entre samedi soir et dimanche matin, des assaillants ont frappé plusieurs localités, notamment à Gana-Ropp et Dorowa Babuje, où un pasteur figure parmi les victimes. Ces événements s'inscrivent dans une dynamique de violences récurrentes observées depuis la mi-septembre, incluant des attaques contre des véhicules commerciaux et des marchés agricoles, notamment à Mangu et Jos South. Le bilan humain ne cesse de s'alourdir, avec des incidents majeurs enregistrés dès le mois d'août, comme le massacre de plus de 20 personnes dans la communauté de Bin Mper.
Appels à la responsabilité et à la protection
Face à cette dégradation, les leaders communautaires ont multiplié les appels en faveur d'un renforcement significatif de la présence militaire et policière. Ils exigent également l'ouverture d'enquêtes rigoureuses pour identifier, arrêter et traduire en justice les auteurs de ces massacres. De son côté, l'exécutif de l'État du Plateau a exhorté les résidents à adapter leurs activités économiques et agricoles aux nouvelles contraintes horaires, tout en promettant un comportement professionnel de la part des forces de l'ordre déployées pour faire respecter ces mesures de sécurité.