Le gouvernement de l'État d'Osun a officiellement rejeté les accusations d'illégalité concernant la prolongation de deux ans du mandat de Clement Adebooye, vice-chancelier de l'Université d'Osun (UNIOSUN). Cette controverse oppose l'exécutif local au Comité des Pro-Chanceliers des universités d'État (COPSUN), soulevant des questions fondamentales sur l'autonomie législative des États face aux cadres réglementaires fédéraux.
Une légitimité fondée sur l'action législative
Face aux critiques qualifiant la décision du gouverneur Ademola Adeleke d'acte unilatéral, les autorités d'Osun rappellent que la prolongation ne repose pas sur une simple déclaration exécutive. Le gouvernement souligne que l'Assemblée législative de l'État a adopté la loi « Osun State University Establishment Amendment Bill 2026 ». Ce texte, voté en septembre après un examen détaillé, modifie le cadre juridique de l'institution. Pour l'exécutif, cette démarche parlementaire confère une base légale solide à la mesure, prévue pour prendre effet le 4 janvier 2027, date d'expiration du mandat initial de cinq ans du vice-chancelier.
Le conflit des compétences juridiques
Le cœur du désaccord réside dans l'application de la loi fédérale « Universities (Miscellaneous Provisions) Amendment Act, 2012 ». Le COPSUN soutient que cette législation, qui limite le mandat des officiers principaux à une période unique de cinq ans, prévaut sur les dispositions locales. Le gouvernement d'Osun conteste cette interprétation, arguant que l'existence d'une loi fédérale ne transfère pas automatiquement la gouvernance des universités d'État aux autorités fédérales. L'État insiste sur le fait que la compétence constitutionnelle de la loi fédérale doit être établie avant toute remise en cause de la loi fondatrice de 2006, votée par l'Assemblée de l'État.
Un débat sur l'ingérence et la gouvernance
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes concernant l'autonomie des universités nigérianes. Le COPSUN, lors de sa 73e réunion trimestrielle, a exprimé des inquiétudes plus larges sur l'ingérence des organismes de réglementation dans la gestion interne des institutions. Outre le COPSUN, le syndicat du personnel académique (ASUU) avait également manifesté son opposition, critiquant la modification de la loi en cours de mandat. Le gouvernement d'Osun, tout en justifiant sa décision par les performances du vice-chancelier en matière d'infrastructures et de développement académique, maintient que les objections des organismes professionnels ne sauraient se substituer à la validité des processus législatifs étatiques.