Le gouvernement de Kano suspend les processions traditionnelles pour prévenir des troubles à l'ordre public

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
Le gouvernement de Kano suspend les processions traditionnelles pour prévenir des troubles à l'ordre public

Le gouvernement de l'État de Kano a officiellement interdit, jusqu'à nouvel ordre, toutes les processions de type « durbar » et les activités équestres au sein de la métropole. Cette décision radicale, prise par le Conseil de sécurité de l'État, vise à prévenir tout affrontement entre les partisans des deux prétendants au trône de l'émirat, dans un contexte de crise institutionnelle persistante.

Une mesure de sécurité face aux tensions politiques

L'interdiction fait suite à une apparition publique remarquée de l'ancien émir, Aminu Ado-Bayero, le 15e du nom. Ce dernier a mené une procession à travers plusieurs quartiers de la ville pour se rendre à une cérémonie religieuse, mobilisant des milliers de sympathisants sur son passage. Selon le porte-parole du gouverneur, Sunusi Bature, cette démonstration de force a suscité des inquiétudes majeures quant à une possible rupture de l'ordre public. Le Conseil de sécurité a ainsi estimé nécessaire de suspendre ces rassemblements pour garantir la protection des personnes et des biens, en s'appuyant sur ses prérogatives constitutionnelles.

Une dualité de pouvoir au cœur de la métropole

La situation à Kano est marquée par une lutte d'influence complexe entre deux figures revendiquant la légitimité du trône. D'un côté, Lamido Sanusi, réinstallé par l'administration actuelle du gouverneur Abba Yusuf en vertu de la loi de 2024 sur le Conseil de l'émirat de Kano, occupe le palais principal de Gidan Rumfa. De l'autre, Aminu Ado-Bayero continue d'exercer ses fonctions depuis un palais secondaire, bénéficiant d'une protection sécuritaire fédérale et du soutien de certains acteurs politiques nationaux.

Un imbroglio juridique en attente de résolution

Cette crise de succession, qui voit les deux hommes mener des rites traditionnels et des fonctions publiques de manière indépendante, est également portée devant les tribunaux. Alors que M. Ado-Bayero conteste son éviction, le dossier est actuellement bloqué dans les méandres judiciaires. La Cour suprême, saisie pour trancher la légalité de la nomination de Lamido Sanusi, a ajourné l'audience de l'appel déposé par le camp de l'ancien émir à avril 2027. En attendant une issue juridique définitive, les autorités locales ont ordonné aux agences de sécurité de faire appliquer strictement l'interdiction des processions, exhortant les différentes parties prenantes au calme et au respect de l'ordre public.

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