Le gouverneur de l'État de Kaduna, Uba Sani, a officiellement approuvé l'application de l'accord salarial 2025 conclu entre le gouvernement fédéral et le syndicat des enseignants du supérieur (ASUU) pour le personnel de l'Université d'État de Kaduna (KASU). Cette décision, qui prendra effet en octobre 2026, intervient dans un contexte de tensions sociales marquées par une grève illimitée visant à obtenir de meilleures conditions de travail et la régularisation d'arriérés de salaires.
Une réponse aux revendications syndicales
L'approbation fait suite aux recommandations d'un comité de négociation composé de neuf membres, chargé d'examiner les griefs du corps enseignant. Le nouveau cadre salarial intègre la structure révisée des salaires universitaires (CONUASS) et diverses allocations académiques. Cette mesure répond à une série de revendications incluant des ajustements salariaux, le paiement d'arriérés de promotion, ainsi que des questions liées aux pensions et aux assurances-vie. Avant cette validation, le gouvernement avait déjà débloqué 300 millions de nairas au titre des allocations académiques acquises pour tenter d'apaiser le climat social.
Le défi de la rétention des talents
Le conflit social a mis en lumière une problématique majeure pour l'institution : le départ massif d'enseignants qualifiés. Si le syndicat ASUU-KASU évoque le départ de plus de 200 professeurs et membres du personnel académique en raison de la précarité des conditions de service, les autorités locales nuancent ce chiffre, faisant état de 59 départs enregistrés entre janvier 2024 et août 2026. Cette fuite des cerveaux constitue un enjeu critique pour la compétitivité de l'université et sa capacité à maintenir des standards académiques élevés.
Investissements et réformes structurelles
Au-delà de la question salariale, le gouvernement de Kaduna met en avant une stratégie globale de développement du capital humain. Le commissaire à l'Éducation, le professeur Abubakar Sambo, a souligné que 25 % du budget annuel de l'État est alloué au secteur éducatif. Ces investissements se traduisent par la rénovation d'infrastructures, la réduction de 50 % des frais de scolarité dans le supérieur et le relèvement de l'âge de la retraite des enseignants. Le vice-chancelier de KASU, le professeur Abdullahi Ibrahim-Musa, a confirmé que l'administration actuelle a également apuré des dettes héritées des gestions précédentes, totalisant plus de 800 millions de nairas en salaires retenus.
Appel à la reprise des activités académiques
Les autorités exhortent désormais les syndicats, incluant le personnel non académique et les technologues, à privilégier le dialogue pour garantir la stabilité de l'institution. L'objectif affiché est de transformer ces avancées sociales en une amélioration concrète de la recherche, de l'innovation et du classement international de l'université. La direction de KASU et le gouvernement espèrent que cet investissement financier marquera le début d'une ère de sérénité, permettant à l'université de se concentrer sur ses missions pédagogiques et sur l'amélioration des résultats des étudiants.