Le gouvernement de l’État de Kaduna a débloqué 300 millions de nairas pour régler une partie des arriérés de salaires des enseignants de l’université d’État, tout en mettant en place un comité de négociation pour éviter une grève qui menacerait l’année académique.
Un versement exceptionnel pour apaiser les tensions
Dans une démarche visant à désamorcer une crise sociale majeure, l’administration du gouverneur Uba Sani a approuvé un paiement exceptionnel de 300 millions de nairas au titre de l’Earned Academic Allowance (EAA) pour les enseignants de l’université d’État de Kaduna (KASU). Cette somme s’inscrit dans un effort plus large pour éponger un arriéré de plus de 800 millions de nairas accumulés depuis 2016. Selon le secrétaire du gouvernement de l’État, Dr AbdulKadir Mu’azu Meyere, cette intervention illustre la volonté politique de résoudre les problèmes de financement et de bien-être du personnel, tout en évitant des perturbations académiques.
Un comité de négociation sous haute tension
Pour traiter les revendications des syndicats universitaires – ASUU, SSANU, NASU et NAAT –, un comité de neuf membres, présidé par le commissaire à l’Éducation, le professeur Abubakar Sani Sambo, a été constitué. Ce groupe dispose de quatre semaines pour examiner les demandes, notamment l’Consolidated Academic Tools Allowance (CATA), et évaluer les implications financières des accords fédéraux récents. Le comité devra proposer des solutions équitables et durables, tout en tenant compte des contraintes budgétaires de l’État.
Un héritage de dettes et des mesures antérieures
Cette initiative s’ajoute à une série de mesures prises depuis trois ans et demi pour assainir la situation financière de KASU. Parmi elles figurent le règlement d’arriérés de salaires, le versement de plus de 300 millions de nairas pour l’accréditation des programmes académiques, ainsi que la création d’un ordre de virement mensuel de 50 millions de nairas pour éponger progressivement les dettes. L’objectif affiché est de préserver la stabilité financière et académique de l’institution, tout en honorant les engagements pris envers le personnel.
L’appel au dialogue pour éviter l’escalade
Face à la menace de grève, le gouvernement a lancé un appel au dialogue, insistant sur les risques d’un conflit prolongé pour les étudiants et leurs familles. Le secrétaire du gouvernement a réaffirmé l’ouverture des canaux de négociation, tout en soulignant que la priorité reste la protection de l’année académique. Cette approche reflète une stratégie plus large visant à concilier les revendications syndicales avec les réalités budgétaires d’un État encore en phase de redressement économique.