Face à la recrudescence des féminicides et des violences basées sur le genre, les autorités camerounaises engagent une restructuration de leur stratégie de prévention et de protection. Cette mobilisation, portée par le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) sous l'impulsion de la Première dame Chantal Biya, vise à renforcer l'accompagnement des victimes tout en ciblant la rééducation des auteurs de violences.
Un nouveau comité d'action dédié aux féminicides
Sur instruction de la Première dame, un comité d'action spécifique a été instauré pour piloter la lutte contre les féminicides. Cette structure s'inscrit dans une volonté de coordination accrue entre les institutions pour mieux identifier les situations à risque et intervenir avant l'irréparable. L'objectif est de transformer les engagements politiques en une présence opérationnelle plus marquée sur le terrain.
Partenariats universitaires et sensibilisation de la jeunesse
Le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a formalisé un mémorandum avec le ministère de l'Enseignement supérieur et onze universités d'État. Ce partenariat stratégique vise à intégrer la lutte contre les violences de genre au cœur des campus. En ciblant la population étudiante, le gouvernement espère instaurer un changement de paradigme durable et encourager une culture du respect et de la dénonciation dès le plus jeune âge.
Prise en charge psychosociale et maillage territorial
La stratégie gouvernementale repose sur deux piliers complémentaires : l'accompagnement des victimes et le suivi des agresseurs. Le dispositif prévoit une extension du réseau des centres d'écoute pour garantir un accès géographique plus large aux services d'assistance. Parallèlement, le ministère mise sur une prise en charge spécifique des auteurs de violences, une mesure conçue pour prévenir la récidive et traiter les racines comportementales du phénomène.
L'impératif de la libération de la parole
Pour la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa, l'efficacité de ces mesures dépend avant tout de la capacité de la société à briser le silence. La ministre insiste sur la nécessité de lever les tabous entourant les violences domestiques, exhortant les victimes à dénoncer les faits pour permettre une intervention rapide des autorités. Cette libération de la parole est présentée comme l'ultime rempart pour éviter l'escalade vers des drames irréversibles.