Face à la multiplication des incendies dans les zones commerciales du pays, les autorités burundaises appellent à un renforcement strict des normes de construction et à une généralisation des assurances. Le récent sinistre survenu au centre-ville de Bujumbura, bien que sans origine criminelle suspectée, met en lumière la vulnérabilité des infrastructures urbaines face aux risques domestiques.
L'hypothèse de l'imprudence domestique
Le vice-président burundais, Prosper Bazombanza, a écarté la thèse criminelle concernant l'incendie qui s'est déclaré vers 7 heures du matin dans un bâtiment fermé. Les premières investigations orientent les soupçons vers l'usage de fers à repasser à charbon de bois, une pratique courante mais jugée imprudente dans des espaces commerciaux. Cette piste pousse désormais l'administration à envisager une interdiction de ces méthodes artisanales au sein du centre-ville pour prévenir de futurs drames.
Défis d'accès et normes de construction
L'intervention des forces de l'ordre a permis d'éviter une propagation aux immeubles voisins, notamment celui des Dominicains. Toutefois, les autorités reconnaissent que les constructions anarchiques et le manque d'espaces de circulation entravent l'efficacité des secours. Le gouvernement appelle désormais à une vigilance accrue sur le respect des standards de sécurité lors de l'octroi des permis de construire, soulignant que l'urbanisme actuel complique l'accès des camions anti-incendie.
La nécessité d'une culture de l'assurance
Au-delà des mesures préventives, le gouvernement exhorte les commerçants et les propriétaires d'immeubles à souscrire massivement à des polices d'assurance. Avec plus d'une quinzaine d'opérateurs actifs au Burundi, cette démarche est présentée comme le seul rempart viable pour garantir l'indemnisation des pertes matérielles. Cette recommandation intervient dans un contexte de fragilité économique, où les sinistres à répétition, comme ceux observés récemment à Ngozi, Jabe, Kinama et Cibitoke, déstabilisent durablement les circuits d'approvisionnement locaux.
Une série de sinistres préoccupante
L'incendie de Bujumbura s'inscrit dans une longue liste de catastrophes ayant frappé les marchés burundais depuis le début de l'année 2026. La récurrence de ces événements, dont le souvenir du marché central de Bujumbura en 2013 reste le symbole le plus marquant, soulève des inquiétudes quant à la résilience des infrastructures commerciales du pays. La question de la protection des biens et de la sécurité des citoyens face à ces risques chroniques devient un enjeu majeur pour les décideurs publics.