Face à la recrudescence de pratiques de corruption lors des contrôles routiers, le ministère de la Sécurité du Burkina Faso a officiellement réaffirmé la vocation de la carte Laabal. Ce dispositif, initialement conçu pour assouplir les sanctions administratives, fait l'objet d'un usage détourné par certains agents, transformant un outil de facilitation en instrument de pression financière sur les citoyens.
Une dérive des contrôles routiers
Dans un communiqué publié le 29 octobre 2026, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a formellement dénoncé les dérives constatées sur le terrain. Des témoignages concordants font état d'agents de contrôle utilisant la carte Laabal comme un levier de racket. Au lieu de servir de mécanisme de régulation, le document est détourné pour exercer une contrainte indue sur les usagers en infraction, contredisant ainsi l'esprit même de la réforme qui visait à moraliser les rapports entre les forces de sécurité et les citoyens.
La carte Laabal comme levier de transparence
L'institution de la carte Laabal répondait à une volonté de mettre fin à la saisie systématique des engins, une pratique souvent perçue comme punitive et source de tensions. Elle permet aux contrevenants de différer le paiement de leurs amendes, offrant une souplesse administrative censée limiter les opportunités de corruption. Le ministre insiste sur le fait que cet outil ne doit en aucun cas être confondu avec une mesure de contrainte ou un prétexte pour imposer des travaux d'intérêt commun arbitraires.
Appel à la vigilance citoyenne
Pour endiguer ces pratiques, le ministère encourage désormais les usagers à exiger systématiquement la présentation et l'application de la carte Laabal lors de tout contrôle routier. Cette posture est présentée par les autorités comme un acte citoyen, susceptible de constituer une circonstance atténuante pour le contrevenant. Parallèlement, le ministre a appelé les agents de sécurité à faire preuve de courtoisie et de respect mutuel, rappelant que l'intégrité des forces de l'ordre est un pilier indispensable de la confiance publique dans les institutions nationales.