Le chancelier britannique John Healey s'apprête à dévoiler un budget crucial, visant à offrir un répit financier aux ménages face à une inflation persistante. Entre ajustements fiscaux et mesures de soutien direct, le gouvernement travailliste cherche un équilibre délicat pour stimuler l'économie tout en finançant ses engagements sociaux.
Réforme de la tarification énergétique et soutien aux ménages
Face à une hausse prévue des factures d'énergie, le gouvernement prévoit de supprimer les frais fixes de gaz pour environ 23 millions de foyers d'ici 2027. Bien que cette mesure soit compensée par une augmentation des coûts unitaires, le Trésor estime qu'une majorité de ménages réalisera des économies annuelles moyennes de 45 livres sterling. Parallèlement, l'exécutif maintient le gel de la taxe sur les carburants et prévoit de lever les droits de douane sur une centaine de produits alimentaires pour alléger le panier de la ménagère.
Accès à la propriété et politique salariale
Le volet logement sera marqué par le déploiement du programme « Your First Home », destiné à faciliter l'accession à la propriété pour les primo-accédants. Ce dispositif permettra l'achat de logements neufs avec un apport réduit à 2,5 %, complété par un prêt gouvernemental couvrant 20 % de la valeur du bien. Sur le front de l'emploi, une revalorisation du salaire minimum est confirmée, bien que les augmentations pour les 18-20 ans soient plus modérées que les années précédentes, le gouvernement cherchant à harmoniser les grilles salariales sans alourdir excessivement les charges des entreprises.
Leviers fiscaux et simplification administrative
Pour financer ces mesures, le chancelier envisage une hausse de la fiscalité sur les profits bancaires, notamment via une révision de la surtaxe sur les bénéfices et des prélèvements sur les bilans. Le secteur du commerce électronique est également visé : les plateformes comme Amazon ou eBay pourraient être contraintes de collecter directement la TVA pour les vendeurs tiers. Ces recettes devraient permettre de réduire les taxes foncières commerciales pour les petites entreprises locales. Enfin, le gouvernement ambitionne de supprimer des réglementations jugées inutiles, espérant ainsi générer 800 millions de livres d'économies pour le tissu entrepreneurial britannique.
Perspectives économiques et contrôle budgétaire
Si le Royaume-Uni affiche une croissance supérieure aux prévisions au sein du G7, le ralentissement économique menace. L'inflation, qui atteint 3,1 %, reste au-dessus de la cible de 2 % de la Banque d'Angleterre. Après le discours du chancelier, l'Office for Budget Responsibility (OBR) publiera ses prévisions sur cinq ans. Ces données seront déterminantes pour la confiance des marchés financiers et influenceront directement le coût de l'emprunt public, avant que le Parlement ne débatte et ne vote ces mesures budgétaires.