Le gouvernement des États-Unis a officiellement sollicité l'autorisation d'intervenir dans la procédure judiciaire engagée par Elon Musk contre l'Union européenne. Cette démarche vise à contester l'amende de 120 millions d'euros infligée à la plateforme X, marquant une escalade diplomatique majeure concernant la régulation des géants technologiques américains sur le sol européen.
Une contestation de l'autorité réglementaire européenne
Le ministère américain de la Justice (DOJ) a déposé une requête auprès du Tribunal de l'Union européenne pour soutenir la demande d'annulation de la sanction prononcée en décembre 2025. Pour Washington, cette amende constitue une forme d'« excès de pouvoir réglementaire ». Brett Shumate, procureur général adjoint de la division civile du DOJ, a fermement dénoncé une tentative de la Commission européenne d'étendre sa juridiction sur des entreprises américaines qu'il juge hors de portée de ses compétences habituelles. Les autorités américaines craignent que ce précédent ne serve à entraver les moteurs d'innovation et de croissance économique du pays.
Les griefs de Bruxelles sur le Digital Services Act
La Commission européenne justifie cette amende de 120 millions d'euros par des manquements aux obligations de transparence imposées par le Digital Services Act (DSA). Les autorités européennes pointent notamment du doigt le système de certification « coche bleue » de X, qualifié de « conception trompeuse » favorisant l'usurpation d'identité et les arnaques. Bruxelles reproche également à la plateforme une gestion opaque de son répertoire publicitaire ainsi qu'un accès restreint aux données pour les chercheurs, entravant ainsi la surveillance des risques de manipulation numérique.
Un enjeu de souveraineté numérique transatlantique
Au-delà du cas spécifique de X, le gouvernement américain s'inquiète de l'extension de la surveillance réglementaire européenne à la personne d'Elon Musk et à l'ensemble de ses entreprises, indépendamment de leur lien direct avec les services numériques incriminés. Cette intervention américaine transforme ce litige en un test de portée juridique pour le régime de régulation numérique de l'UE. L'issue de cette affaire pourrait redéfinir les limites de l'influence de Bruxelles sur les entreprises technologiques étrangères et marquer un tournant dans les relations commerciales et numériques entre les deux puissances.