L'Académie Goncourt a annoncé ce vendredi 25 septembre la suppression du roman C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien de la première sélection du prix. La décision, motivée par des soupçons d'usage d'intelligence artificielle et de plagiat, vise à préserver la crédibilité du prestigieux prix littéraire.
Une accusation d'intelligence artificielle
Dans son communiqué officiel, l'Académie a indiqué que le texte de Thélyson Orélien « est selon toute vraisemblance très largement le produit d'une intelligence artificielle ». Cette affirmation repose sur plusieurs analyses menées par des chercheurs et des journalistes, jugées fiables par le jury. L'accusation intervient alors que le roman figurait parmi les seize titres préselectionnés, première étape du processus de sélection du Goncourt.
Des allégations de plagiat renforcent la décision
Outre le recours présumé à l'IA, l'Académie a évoqué des faits de plagiat reprochés à l'auteur. Selon le communiqué, les investigations ont mis en évidence des passages similaires à d'autres textes, ce qui, selon les jurés, constitue une violation des règles d'originalité attendues pour le prix. Le résultat de ces analyses a été présenté comme « convergent » et digne de foi, renforçant la justification du retrait.
Réaction de l'écrivain et enjeux de liberté d'expression
Thélyson Orélien, écrivain d'origine canado‑haïtienne, a dénoncé ce qu'il qualifie de « volonté de le faire taire ». Il estime que la décision de l'Académie pourrait servir à censurer des pratiques littéraires novatrices, notamment l'usage d'outils numériques. Cette prise de position soulève un débat plus large sur la place de l'intelligence artificielle dans la création artistique et les limites de la régulation institutionnelle.
Le processus de sélection du Goncourt reste en jeu
Philippe Claudel, président de l'Académie, a rappelé que la sélection du Goncourt suit un mode de vote démocratique, passant de seize titres à une deuxième liste de huit ouvrages. La présence de C'était ça ou mourir dans cette seconde sélection n'était jamais garantie, même avant les polémiques. La deuxième liste doit être publiée le 6 octobre, moment où le jury décidera des titres qui concourront réellement au prix.
Implications pour le monde littéraire français
Cette affaire met en lumière les défis que rencontrent les institutions culturelles face aux technologies émergentes. En affirmant la nécessité de protéger l'intégrité du prix, l'Académie Goncourt envoie un signal fort aux auteurs et éditeurs : l'originalité et le respect des règles d'attribution restent des critères non négociables. Le débat qui s'ouvre autour de l'usage de l'IA dans l'écriture pourrait influencer les futures orientations des jurys et les cadres réglementaires du secteur littéraire.