Le Global Capitalism Index, nouvel outil d'analyse de l'Université de Virginie, place la France au 21e rang mondial, devançant désormais l'Allemagne. Ce basculement ne résulte pas d'une ascension fulgurante de l'Hexagone, mais d'un décrochage marqué de la première économie européenne sur plusieurs indicateurs clés.
Le basculement d'un rapport de force économique
En 2018, l'Allemagne dominait largement la France avec un écart de plus de neuf points dans cet indice. Sept ans plus tard, la tendance s'est inversée : alors que la France maintient une stabilité relative avec 85,2 points, l'Allemagne a chuté à 84,4 points. Ce recul allemand s'explique par une dégradation notable de ses scores sur le marché du travail, la concurrence et la dynamique de création d'entreprises, des domaines où le pays a perdu du terrain par rapport aux standards internationaux.
La puissance bancaire comme moteur français
L'atout majeur qui permet à la France de distancer son voisin réside dans la solidité de son système bancaire, où elle affiche 88,4 points contre 60 pour l'Allemagne. Le modèle français, structuré autour de grands groupes universels à forte empreinte internationale, contraste avec le système allemand, jugé plus fragmenté et moins rentable. Cette profondeur financière compense les retards français dans d'autres secteurs, notamment sur la protection de la propriété et la qualité des institutions, où l'Allemagne conserve une avance significative.
Redéfinir le capitalisme au-delà de la fiscalité
L'étude souligne une distinction essentielle : le capitalisme ne se résume pas à une faible pression fiscale ou à un État minimal. Des pays comme le Danemark ou la Suède, malgré une fiscalité élevée, figurent dans le haut du classement grâce à la protection des droits de propriété, à la garantie de la concurrence et à la fluidité des capitaux. La France est ainsi qualifiée de modèle de « capitalisme commercial », misant sur l'ouverture aux échanges, tandis que des nations comme la Suisse ou les États-Unis incarnent un « capitalisme entrepreneurial » axé sur la création d'entreprises.