Le chef de la National Petroleum Authority (NPA) a rappelé que les longues files d’attente observées en 2014‑15 étaient le résultat d’une pénurie artificielle, et a détaillé la nouvelle orientation du gouvernement ghanéen pour protéger le secteur pétrolier en amont et en aval.
Retour sur la crise carburant de 2014‑15
Selon Godwin Edudzi Tamakloe, le PDG de la NPA, les ruptures d’approvisionnement constatées à l’époque n’étaient pas dues à une absence de produits pétroliers, mais à une gestion interne qui a créé une pénurie factice aux stations-service. Cette situation a généré d’importantes files d’attente, révélant la vulnérabilité du pays face à la disponibilité du carburant.
Nouvelle politique de prix et gestion des risques
En réponse, le gouvernement a relevé le plancher des prix à partir du 16 septembre : 16 GH¢ le litre pour l’essence et 16,77 GH¢ pour le diesel. Cette mesure vise à absorber la hausse des coûts internationaux tout en limitant les fluctuations excessives sur le marché local. Le NPA souligne que la stratégie s’articule autour de deux axes : maîtriser les risques internes (logistique, distribution) et anticiper les chocs externes (prix du brut, variations du taux de change).
Les trois leviers qui influencent l’offre et le prix du carburant
Tamakloe a identifié trois facteurs déterminants : le prix FOB du pétrole à l’exportation, la composante fiscale appliquée au produit fini, et le taux de change du cedi, qui affecte le coût d’importation. La combinaison de ces éléments explique les variations récentes des prix à la pompe, alors que les cours mondiaux du brut et des produits raffinés restent volatils.
Enjeux pour l’économie et la sécurité nationale
Le secteur pétrolier est décrit comme le « système nerveux » de l’économie ghanéenne : il alimente les transports, l’industrie et les services essentiels. Contrairement à l’électricité, où les usagers peuvent réduire leur consommation, l’absence de carburant ne laisse guère d’alternative, ce qui en fait une question de sécurité nationale. La nouvelle approche vise donc à garantir une disponibilité continue du carburant, condition sine qua non à la stabilité macroéconomique du pays.