La suspension du mouvement de grève des syndicats d'enseignants ghanéens, dont le GNAT et le NAGRAT, marque une accalmie dans le secteur éducatif national. Si le retour en classe des enseignants est salué comme un acte de responsabilité envers les élèves, l'opposition parlementaire exige désormais une application rigoureuse des accords financiers conclus avec l'État.
Des retards administratifs au cœur du conflit
La crise trouve son origine dans l'incapacité de l'administration à régulariser la situation salariale de milliers d'enseignants promus. Sur les 58 620 enseignants concernés, seuls 6 079 dossiers avaient été transmis au département du Contrôleur et du Comptable général au 22 septembre. Ce blocage administratif, couplé au non-respect de l'échéance du 24 septembre, a conduit à une interruption des services éducatifs, pénalisant particulièrement les candidats aux examens nationaux BECE et WASSCE ainsi que les élèves des zones défavorisées.
Un calendrier de paiements sous haute surveillance
Pour éviter une reprise du mouvement social, le gouvernement s'est engagé sur un calendrier précis. La première échéance cruciale est fixée au 16 octobre 2026 pour le versement des arriérés de promotion du premier groupe de 51 000 enseignants. Le calendrier se poursuit avec le règlement des dossiers restants au 31 octobre, le paiement de l'allocation de soutien à l'instruction numérique en novembre, et celui de l'allocation de développement professionnel continu en décembre. Le déploiement de l'allocation pour zones défavorisées est, quant à lui, programmé pour janvier 2027.
Exigences de transparence et de réforme
Au-delà des paiements immédiats, l'opposition parlementaire demande une réconciliation des chiffres officiels, pointant une divergence entre les données gouvernementales et les estimations syndicales dépassant les 80 000 enseignants. Les revendications portent également sur la numérisation du processus de promotion pour éviter de futures erreurs de paie et sur la mise en place d'un plan de rattrapage scolaire pour les élèves affectés par les jours de classe perdus. Le groupe parlementaire minoritaire a annoncé qu'il assurerait un suivi strict de ces engagements, rappelant que le cadre juridique de la convention collective de 2024 est déjà en vigueur et ne nécessite plus de promesses, mais une exécution immédiate.