Le réseau ghanéen pour les droits des femmes (NETRIGHT) exhorte le gouvernement à accélérer l'opérationnalisation de la Banque de développement des femmes (WDB). L'organisation insiste pour que cette institution financière dépasse les modèles bancaires traditionnels afin de répondre aux besoins spécifiques des entrepreneures rurales et des groupes marginalisés.
Un déploiement budgétaire en attente de résultats
Le gouvernement ghanéen a alloué 51,3 millions de GH¢ dans le budget 2025, suivis de 401 millions de GH¢ pour 2026, destinés à soutenir les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) détenues par des femmes. Malgré cette enveloppe globale de 452,3 millions de GH¢, l'absence de mise en service effective de la banque suscite l'inquiétude des acteurs de terrain. Patricia Blankson Akakpo, responsable du secrétariat de NETRIGHT, souligne que le mandat, la structure opérationnelle et les critères de sélection des bénéficiaires restent flous, freinant ainsi l'accès aux financements promis.
Briser les barrières du système bancaire traditionnel
Pour NETRIGHT, la réussite de la WDB dépendra de sa capacité à lever les obstacles historiques qui excluent les femmes rurales du crédit, notamment les exigences de garanties immobilières, la lourdeur administrative et les taux d'intérêt prohibitifs. L'organisation préconise l'adoption de modèles financiers plus souples, inspirés des associations villageoises d'épargne et de crédit, plutôt que l'imposition de structures bancaires rigides. La transparence dans la distribution des fonds et l'utilisation de données ventilées par sexe sont présentées comme des conditions sine qua non pour garantir l'équité.
Agriculture et économie du soin : des enjeux structurels
Au-delà du secteur financier, NETRIGHT pointe l'absence d'indicateurs précis pour suivre l'impact des politiques agricoles sur les femmes, qui constituent pourtant plus de la moitié de la main-d'œuvre du secteur. L'organisation recommande d'allouer 40 à 50 % des programmes agricoles aux femmes et de connecter les coopératives féminines aux marchés publics, tels que le Programme national d'alimentation scolaire. Enfin, le plaidoyer porte sur la reconnaissance de l'économie du soin comme une infrastructure publique essentielle, nécessitant une politique nationale dotée d'un cadre de mise en œuvre budgétisé pour coordonner les services de garde d'enfants et d'assistance aux personnes vulnérables.