La Ghana Alliance for Mental Health and Development presse le gouvernement d'opérationnaliser enfin le Fonds de santé mentale, prévu par la loi de 2012 mais resté inactif depuis plus d'une décennie. Cette exigence s'accompagne d'un plaidoyer pour une inclusion économique accrue des personnes en situation de handicap, notamment via des quotas d'emploi et une meilleure gestion des fonds publics.
Un levier financier en sommeil depuis 2012
Bien que la loi sur la santé mentale (Act 846) ait instauré un cadre juridique solide, le Fonds de santé mentale n'a jamais été activé. Pour l'Alliance, cet outil est pourtant indispensable pour garantir un financement pérenne des infrastructures psychiatriques, soutenir la recherche et assurer le bien-être des patients comme du personnel soignant. Si l'intégration de quatre pathologies mentales au sein du régime national d'assurance maladie (NHIS) est saluée, l'organisation insiste sur la nécessité d'une mobilisation de ressources domestiques plus ambitieuse pour concrétiser les engagements législatifs de l'État.
Vers un quota d'emploi de 5% pour les personnes handicapées
Au-delà de la santé, l'Alliance place l'autonomie financière au cœur de son agenda. Elle propose l'instauration d'un quota de 5 % d'emplois réservés aux personnes en situation de handicap au sein des institutions locales. Cette mesure devrait, selon les recommandations, s'appuyer sur une utilisation plus rigoureuse du Fonds commun des assemblées de district (DACF). L'objectif est de financer des programmes de formation professionnelle et des activités génératrices de revenus, tout en encourageant le secteur privé à adopter des pratiques de recrutement inclusives, conformément aux lois sur le travail et le handicap.
Exigence de transparence et lutte contre la stigmatisation
L'Alliance appelle à une rupture avec les simples déclarations d'intention. Elle demande aux autorités financières et aux agences de planification de rendre compte de l'utilisation des fonds dédiés au handicap et d'intégrer systématiquement l'inclusion dans les programmes de développement. Parallèlement, une responsabilité particulière est assignée aux médias : l'organisation exhorte les journalistes à abandonner le sensationnalisme au profit d'un traitement respectueux de la dignité humaine, afin de déconstruire les préjugés sociaux.
La participation active comme condition de réussite
Le message central de l'Alliance est celui de la représentativité : les personnes ayant une expérience vécue des troubles mentaux ou du handicap ne doivent plus être de simples bénéficiaires passifs. Elles doivent devenir des décideurs à part entière dans la conception des services et des politiques qui les concernent. Cette exigence de participation citoyenne est présentée comme le seul moyen d'obtenir des résultats mesurables et de mettre fin à l'exclusion systémique qui persiste malgré les cadres légaux existants.