Le Ghana s'interroge sur les limites de la liberté d'expression face aux dérives numériques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
Le Ghana s'interroge sur les limites de la liberté d'expression face aux dérives numériques

Le débat sur l'usage des réseaux sociaux au Ghana s'intensifie, opposant la nécessité de protéger les individus contre la diffamation en ligne à la préservation des libertés fondamentales. Cette tension est exacerbée par des affaires judiciaires en cours, poussant les autorités et la société civile à repenser l'équilibre entre régulation et droit à la critique.

La montée des attaques réputationnelles en ligne

L'avocat Bobby Banson a récemment dénoncé une tendance croissante consistant à utiliser la liberté d'expression comme un bouclier pour porter atteinte à l'honneur d'autrui. Selon lui, de nombreux internautes diffusent délibérément des informations fausses, convaincus de l'absence de conséquences pénales. Cette pratique, qui vise particulièrement les personnalités publiques, est perçue par le juriste comme une menace pour la cohésion sociale, soulignant que la liberté d'expression ne saurait justifier la dégradation systématique de la réputation des citoyens.

L'affaire Salomey Awiti Bafoh et la réponse judiciaire

Le débat public a pris une tournure concrète avec l'arrestation de l'infirmière Salomey Awiti Bafoh. Accusée d'avoir collaboré avec un créateur de contenu basé au Royaume-Uni pour diffuser des informations mensongères, elle a vu sa demande de libération sous caution rejetée par la Haute Cour d'Accra le 25 septembre. Cette affaire illustre la difficulté pour le système judiciaire ghanéen de qualifier juridiquement les contenus numériques problématiques et de déterminer les responsabilités des acteurs impliqués dans leur circulation.

Appels à la retenue et dialogue national

Face à ces tensions, le président John Dramani Mahama a plaidé pour une approche mesurée. Dans une correspondance adressée à la Media Foundation for West Africa et à la Ghana Journalists Association, il a mis en garde contre la criminalisation systématique de la critique politique, de la satire ou de la dissidence. Le chef de l'État a insisté sur la nécessité de distinguer les contenus incitant à la violence ou menaçant la sécurité publique des opinions légitimes. Il préconise désormais l'ouverture d'un dialogue national sur l'usage des plateformes comme TikTok, afin d'éviter que l'action policière ne devienne un outil de restriction excessive des libertés publiques.

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