Le gouvernement ghanéen a annoncé une réforme majeure visant à harmoniser les tarifs des services de téléphonie mobile entre les zones urbaines et rurales. D'ici le premier trimestre 2027, les abonnés des localités reculées devraient bénéficier de tarifs plus compétitifs grâce à une intégration technique des réseaux.
Révision des modèles de facturation
Le ministre des Communications et de la Technologie numérique, Samuel Nartey George, a jugé incohérent que les services de voix et de données soient plus onéreux dans les zones rurales, où le pouvoir d'achat est pourtant plus limité. Actuellement, les utilisateurs connectés à des sites de téléphonie rurale ne peuvent souvent pas utiliser leurs forfaits prépayés habituels et sont soumis à une facturation directe plus coûteuse. Une directive politique a été émise pour inverser cette tendance, imposant à l'Autorité nationale des communications (NCA) et aux opérateurs de télécommunications de procéder aux intégrations techniques nécessaires pour permettre l'usage des bundles existants sur l'ensemble du territoire.
Modernisation des infrastructures vers la 4G
Au-delà de la tarification, le gouvernement ambitionne de mettre fin à la fracture technologique en modernisant les sites ruraux. Le ministre a souligné que le maintien de services en 2G et 3G est devenu obsolète face aux standards mondiaux. L'objectif est de garantir un accès minimal à la 4G pour les populations rurales, considérant cet investissement comme aussi crucial pour le développement national que celui des infrastructures routières ou hospitalières.
Expansion du réseau et investissements ciblés
Le déploiement d'infrastructures s'accélère avec une collaboration étroite entre l'État et les opérateurs privés. MTN déploie actuellement 800 sites, dont près de 180 sont déjà opérationnels, tandis que Telecel prévoit d'en installer environ 350. Le gouvernement a alloué un budget de 30 millions de GH¢ (environ 3 millions de dollars) au Fonds d'investissement pour les communications électroniques (GIFEC) cette année, incluant une enveloppe spécifique de 400 000 dollars pour des travaux de remise en état immédiats sur 20 sites.
Défis opérationnels et attentes locales
Malgré ces avancées, des obstacles logistiques persistent. Certains projets, comme celui de Nkumkrom, accusent des retards dus à des difficultés de connexion aux mâts existants. Le ministère, lors d'une tournée d'inspection dans la région de l'Est, a réitéré l'importance du soutien des communautés locales pour faciliter l'installation des équipements. Actuellement, environ 1 400 sites ruraux sont en service, tandis que 300 autres attendent leur raccordement final pour intégrer le réseau national.