Le Ghana franchit une étape clé dans son ambition nucléaire en inaugurant un simulateur de centrale, outil stratégique pour former ses futurs opérateurs et garantir la sécurité avant la mise en service de ses réacteurs.
Un outil unique en Afrique pour maîtriser les risques
Installé au sein de la Ghana Atomic Energy Commission (GAEC), le centre de simulation nucléaire permet aux techniciens de s’entraîner dans un environnement contrôlé, reproduisant fidèlement les opérations d’une centrale réelle. Contrairement à un réacteur, ce système informatique offre une plateforme sécurisée pour tester des procédures critiques avant même le début de la construction d’une centrale. Selon George Kofi Appiah, responsable du Centre de localisation et de soutien aux parties prenantes, cette initiative place le Ghana à l’avant-garde du nucléaire en Afrique, avec un équipement « unique sur le continent et rare au niveau mondial ».
Une technologie modulaire pour une énergie scalable et sûre
Le simulateur repose sur la technologie des petits réacteurs modulaires (SMR), dont la conception permet une production électrique flexible. Chaque module, initialement prévu pour 50 mégawatts, a été reconfiguré à 77 mégawatts, offrant une puissance totale de 924 mégawatts pour une centrale de 12 unités. Cette modularité facilite la maintenance : en cas de panne sur un module, les autres continuent de fonctionner, limitant les interruptions. Les systèmes de sécurité intégrés, comme les barres de contrôle passives (actionnées par gravité en cas de perte de courant), renforcent la sûreté passive, un atout majeur pour le Ghana qui vise l’adoption des normes internationales.
Former une main-d’œuvre qualifiée pour un nucléaire responsable
Le programme nucléaire ghanéen nécessite des compétences variées : ingénieurs, opérateurs, chimistes et techniciens spécialisés. Le centre de simulation joue un rôle central dans la constitution de cette expertise locale, tout en accueillant déjà des participants d’autres pays africains comme le Nigeria et le Kenya. Appiah souligne que cette formation précoce est essentielle pour ancrer une « culture de la sécurité » avant même l’exploitation des premières centrales. Le pays, membre depuis 2020/2021 du programme FIrST (Foundational Infrastructure for Responsible Use of Small Modular Reactor Technology), mise sur cette approche pour anticiper les défis techniques et réglementaires.
Vers une transition énergétique nucléaire maîtrisée
Avec ce simulateur, le Ghana ne se contente pas de préparer l’avenir de son mix énergétique : il pose les bases d’une industrie nucléaire africaine plus autonome et sécurisée. L’accent mis sur la formation et les normes internationales pourrait servir de modèle pour d’autres pays du continent envisageant le nucléaire. Reste à concrétiser la construction des premières centrales, mais l’outil acquis marque une avancée tangible vers une énergie nucléaire responsable et adaptée aux besoins locaux.