Le gouvernement ghanéen a officiellement accueilli les conclusions du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale, qui établit une base juridique contraignante pour les réparations liées à la traite transatlantique. Cette prise de position marque une évolution majeure dans la reconnaissance internationale des crimes historiques, transformant ce qui relevait autrefois de la simple volonté politique en une obligation de justice.
La fin de l'argument de la légalité historique
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères souligne que le rapport de l'ONU invalide définitivement l'argument selon lequel l'esclavage, étant légal à l'époque des faits, ne saurait donner lieu à des poursuites ou des compensations. En s'appuyant sur la Convention internationale de 1965, le Comité affirme que les États ont désormais le devoir de fournir une justice réparatrice. Cette interprétation constitue, selon Accra, un changement de paradigme : les excuses, la restitution et les garanties de non-répétition ne sont plus des gestes de bonne volonté, mais des impératifs juridiques.
Un socle pour la résolution onusienne
Ce rapport vient renforcer la portée de la résolution A/RES/80/250, portée par le Ghana, qui qualifie l'esclavage transatlantique de crime le plus grave contre l'humanité. Le gouvernement ghanéen y voit la confirmation que le droit international ne permet plus aux crimes contre l'humanité de se prescrire avec le temps. Cette base légale consolide les efforts diplomatiques menés par le pays pour transformer la reconnaissance symbolique de ces atrocités en un mécanisme concret de réparation.
L'engagement diplomatique du Ghana
Parallèlement à ces avancées onusiennes, le président John Dramani Mahama, en sa qualité de champion de l'Union africaine pour les réparations, multiplie les initiatives. Après avoir organisé le sommet « Next Steps » à Accra, il porte ce dossier lors d'une réunion extraordinaire de l'Union africaine en Angola et prépare un événement dédié à la restitution lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York. Le Ghana réaffirme ainsi sa volonté de coordonner ses actions avec l'Union africaine et la Communauté des Caraïbes pour porter cette cause à l'échelle mondiale.