Le gouvernement ghanéen amorce un changement de paradigme dans sa stratégie éducative en délaissant la seule mesure quantitative de la scolarisation au profit de l'acquisition réelle de compétences. Le ministre de l'Éducation, Haruna Iddrisu, a souligné l'urgence de garantir que chaque élève maîtrise les bases de la lecture et du calcul, véritables piliers de la réussite scolaire et de l'insertion professionnelle future.
Au-delà de l'accès universel à l'école
Si le Ghana a atteint des niveaux quasi universels de scolarisation dans le primaire, les autorités reconnaissent désormais que l'augmentation du nombre d'élèves ne garantit pas mécaniquement une amélioration des acquis. Le ministre a admis que de nombreux enfants fréquentent l'école sans pour autant acquérir les connaissances attendues à leur niveau. Cette prise de conscience impose une refonte des indicateurs de performance, qui ne doivent plus se limiter aux infrastructures construites ou aux taux d'inscription, mais se concentrer sur les résultats pédagogiques concrets.
L'usage des données pour orienter les ressources
Le gouvernement s'appuie sur des rapports d'audit pour identifier les failles du système. Un constat alarmant a été dressé : environ 10 700 écoles publiques de base, accueillant plus de trois millions d'élèves, manquent d'infrastructures adéquates. Pour pallier ces disparités, le projet GALOP (Ghana Accountability for Learning Outcomes Project), mené avec la Banque mondiale, cible spécifiquement 10 579 établissements sous-performants afin de leur allouer des ressources techniques et matérielles ciblées.
Vers un curriculum tourné vers l'avenir
En attente d'une validation finale par le Cabinet, une révision du programme national, de la maternelle à la sixième année de primaire, est en préparation. Ce nouveau cadre pédagogique ambitionne d'intégrer des compétences numériques et techniques avancées, incluant la robotique, le codage, l'électronique et l'intelligence artificielle. L'objectif est d'aligner la formation des jeunes sur les exigences changeantes du marché du travail, tout en renforçant l'éducation aux valeurs éthiques et morales.
Le lien entre éducation et employabilité
Le ministre a insisté sur le fait que la lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes est indissociable d'un investissement massif dans la qualité de l'éducation. Sans une maîtrise solide des fondamentaux et une adaptation des compétences aux technologies émergentes, le pays peine à offrir des perspectives réelles à sa jeunesse. Cette réforme se veut donc une réponse structurelle aux défis économiques du pays, plaçant la recherche et l'analyse factuelle au cœur de la prise de décision publique.