La construction d'un centre de santé de type CHPS (Community-based Health Planning and Services) à Abrika, dans la région du Bono East, répond à une urgence sanitaire critique pour les populations de Bridgeso et des localités environnantes. Ce projet vise à mettre fin à des décennies d'isolement médical, marquées par des risques accrus lors des accouchements et une prise en charge tardive des pathologies infantiles.
Un enjeu de survie pour les zones rurales
Pendant des années, l'absence d'infrastructures de proximité a contraint les habitants à parcourir de longues distances vers Techiman pour obtenir des soins essentiels. Cette situation a engendré des drames humains récurrents, notamment pour les femmes enceintes contraintes d'accoucher dans des conditions précaires ou de risquer des trajets périlleux en plein travail. Au-delà de la santé maternelle, c'est l'ensemble de la population qui se trouvait vulnérable face aux maladies évitables, comme le paludisme, faute d'une prise en charge rapide.
Une infrastructure pensée pour la rétention du personnel
Le projet, piloté par la municipalité de Techiman, dépasse le cadre d'un simple dispensaire. L'ingénieur municipal Kofi Oduro a précisé que le complexe comprendra une salle de consultation, une unité d'accouchement, un département de soins ambulatoires et, point stratégique, des logements pour le personnel soignant. Cette intégration de l'habitat est une réponse directe aux difficultés de recrutement et de maintien des infirmiers et sages-femmes dans les zones rurales, garantissant ainsi la pérennité du service une fois l'établissement opérationnel.
Accélération des travaux et engagement régional
Lors d'une visite d'inspection, le ministre régional du Bono East, Francis Owusu Antwi, a salué la qualité de la construction tout en exhortant l'entrepreneur à intensifier le rythme des travaux. Ce chantier s'inscrit dans une dynamique plus large : le gouvernement ghanéen a engagé la réalisation de 18 projets de type CHPS dans la région pour mailler le territoire. Pour les autorités, chaque jour gagné sur le calendrier de livraison représente une opportunité supplémentaire de sauver des vies.
Une appropriation citoyenne
La perspective de cette ouverture suscite un fort sentiment de soulagement au sein des communautés locales. Les leaders d'opinion, à l'instar de Nana Kwaku Yeboah, ont exprimé leur reconnaissance et leur volonté de protéger cet équipement public. Cette implication des citoyens dans la préservation de l'infrastructure est perçue comme un gage de durabilité pour ce service de santé qui, à terme, devrait transformer durablement le quotidien des familles d'Abrika et de Bridgeso.