Le Service d'audit du Ghana s'apprête à déployer, en octobre 2026, une plateforme numérique dédiée au suivi rigoureux des recommandations issues de ses rapports financiers. Cette initiative vise à pallier le manque de suivi des irrégularités constatées, alors que le montant des surcharges non recouvrées atteint 280,5 millions de GH¢.
Un outil numérique pour la redevabilité
Développée en interne, cette plateforme permettra de cartographier en temps réel l'état d'avancement des recommandations, d'identifier les blocages administratifs et de documenter les mesures disciplinaires prises. Pour l'Auditeur général, le Dr Pamela Graham, cette innovation marque une volonté de transformer le rapport d'audit en un levier d'action concrète plutôt qu'en un simple constat. Le système intégrera également une gestion automatisée des correspondances avec les entités auditées pour garantir une meilleure réactivité.
Le défi du recouvrement des fonds publics
La question du recouvrement reste centrale dans le débat public ghanéen. Si 57,2 millions de GH¢ ont été récupérés depuis 2022, le volume des surcharges impayées demeure préoccupant. Les irrégularités financières, notamment fiscales, se chiffrent en milliards de GH¢, poussant les autorités à exiger un suivi plus systématique. Le professeur Francis Dodoo, conseiller présidentiel sur le programme national de lutte contre la corruption, a plaidé pour que les taux de surcharge soient dissuasifs, suggérant qu'ils dépassent les rendements financiers que pourraient générer les fonds détournés sur le marché.
Modernisation des méthodes d'audit
Au-delà du suivi, le Service d'audit engage une transformation technologique profonde. L'institution prévoit d'intensifier l'usage de l'analyse de données, de la criminalistique financière et de l'intelligence artificielle pour examiner des populations entières de données plutôt que des échantillons limités. Cette approche vise à identifier les faiblesses structurelles des institutions publiques plus tôt dans le cycle budgétaire. L'Auditeur général a rappelé que chaque cédi perdu par inefficacité ou mauvaise gestion est une ressource soustraite aux secteurs prioritaires tels que la santé, l'éducation et les infrastructures.
Exigence de transparence sur les audits passés
Le lancement de ces outils s'accompagne d'une pression accrue sur la gestion des dossiers sensibles. Des interrogations subsistent concernant certains audits réalisés durant la période de la COVID-19, dont les rapports n'auraient pas été pleinement communiqués. Le professeur Dodoo a exhorté le Service d'audit à faire toute la lumière sur ces zones d'ombre, soulignant que le manque de transparence pourrait gravement entamer la confiance des citoyens envers les institutions de contrôle. L'institution réaffirme sa détermination à exercer ses pouvoirs constitutionnels de désaveu et de surcharge pour sanctionner toute dépense illégale.