Face à la montée des risques sécuritaires, le Ghana engage une réflexion nationale pour resserrer les liens entre les populations civiles et les agences de sécurité. Cette initiative vise à instaurer une approche collaborative indispensable pour prévenir l'extrémisme violent et garantir la pérennité de la paix sur le territoire.
Une concertation nationale à Accra
Le 28 octobre, un dialogue national sur l'engagement civil et sécuritaire a réuni plus de 60 acteurs clés à Accra. Organisée par Catholic Relief Services (CRS), en collaboration avec le Secrétariat du Conseil national de sécurité et le Conseil national de la paix, cette rencontre a bénéficié du soutien financier du ministère néerlandais des Affaires étrangères. L'objectif était de mobiliser les institutions gouvernementales, les chefs traditionnels et religieux, ainsi que les partenaires au développement autour d'une stratégie de résilience commune.
La résilience communautaire comme rempart
Dr Abena Amedormey, représentante de CRS au Ghana, a plaidé pour une stratégie globale impliquant l'ensemble de la société. Cette dynamique s'appuie sur un travail de terrain intensif : plus de 1 000 parties prenantes ont déjà été sensibilisées cette année, particulièrement dans les régions du Nord du pays, afin de renforcer la vigilance locale. Le coordinateur national de la sécurité, COP Osman Abdul-Razak, a réitéré l'importance de cette action collective pour anticiper les menaces avant qu'elles ne s'enracinent.
L'emploi des jeunes au cœur des enjeux
La question de l'inclusion économique a été identifiée comme un levier de sécurité majeur. L'ambassadeur des Pays-Bas au Ghana, Hans Akerboom, a insisté sur la nécessité d'une gouvernance inclusive offrant des perspectives concrètes à la jeunesse. Dans cette même optique, le révérend Emmanuel Kofi Fianu, président du Conseil national de la paix, a mis en garde contre le risque que représente le manque d'opportunités professionnelles. Selon lui, la précarité des jeunes constitue une vulnérabilité directe, facilitant les tentatives de recrutement par des groupes extrémistes.
Vers des mécanismes d'intervention précoce
Les recommandations issues de ces échanges doivent désormais servir de base à des politiques d'intervention précoce. L'enjeu est de transformer ces réflexions en actions locales concrètes, permettant une meilleure circulation de l'information entre les citoyens et les forces de l'ordre, tout en garantissant que les initiatives de prévention soient portées par les communautés elles-mêmes.