Le Ghana réduit la corruption de 20 fois son coût grâce à l’Office du Procureur spécial

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Le Ghana réduit la corruption de 20 fois son coût grâce à l’Office du Procureur spécial

L’Office du Procureur spécial (OSP) du Ghana a transformé la lutte contre la corruption en rendant ces pratiques financièrement insoutenables, selon son responsable Kissi Agyebeng. Entre récupérations record et réformes structurelles, l’institution affiche un bilan chiffré qui dépasse largement son budget initial.

Des pratiques corruptives devenues trop risquées

Kissi Agyebeng, Procureur spécial, affirme que les opérations de l’OSP ont instauré un effet dissuasif majeur contre la corruption, tant dans le secteur public que privé. Les individus hésitent désormais à s’engager dans des actes frauduleux, conscients des risques accrus de poursuites et des conséquences financières qui en découlent. « Personne n’ose plus se livrer à la corruption à la légère », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 26 août 2026, soulignant l’impact concret de son institution.

Plus de 10 milliards de cedis récupérés et des réformes structurelles

L’OSP met en avant des résultats tangibles : 8,5 millions de cedis (GH¢) et 2 millions de dollars américains (US$) récupérés, ainsi que des actifs mobiliers et immobiliers saisis dans le cadre de procédures en cours. Parmi les succès notables, l’intervention au sein de la raffinerie nationale Tema Oil Refinery (TOR) a permis d’éviter sa privatisation et de relancer son activité après des années d’inactivité. Dans le secteur douanier, l’OSP a renforcé le système d’enchères et réduit les abus liés au régime des décisions anticipées, générant des recettes supplémentaires pour l’État. Par ailleurs, son action sur la masse salariale gouvernementale a permis d’économiser plus de 100 millions de cedis.

Un retour sur investissement de 20 fois le budget alloué

Kissi Agyebeng souligne que la valeur financière générée ou protégée par les interventions de l’OSP dépasse de 20 fois les ressources qui lui ont été allouées depuis sa création. Ce ratio, présenté comme « mesurable et vérifiable », démontre selon lui que l’institution a non seulement justifié son existence, mais a aussi produit un impact significatif pour l’État. « Ces résultats parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté, appelant à une évaluation objective de son travail, fondée sur des faits plutôt que sur des critiques infondées ou des réactions politiques.

Critiques et légitimité : l’OSP face à l’épreuve du débat public

Malgré ces avancées, l’OSP fait l’objet de vives discussions sur son efficacité et son avenir. Certains observateurs remettent en cause ses réalisations, tandis que d’autres appellent à des réformes de son fonctionnement. Kissi Agyebeng a reconnu la légitimité de ces critiques, tout en mettant en garde contre les jugements hâtifs. Pour lui, l’institution doit rester ouverte au contrôle, mais ses performances doivent être évaluées à l’aune de données concrètes, et non de réactions émotionnelles ou de pressions politiques. Son bilan, selon lui, prouve son rôle clé dans la protection des ressources publiques et la lutte contre la corruption au Ghana.

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