Le Ghana a franchi une étape décisive dans son redressement économique en ramenant sa dette publique à 49 % du PIB à la fin de l'année 2025, contre 70,3 % en 2024. Cette performance, saluée par la Banque mondiale, place le pays trois ans en avance sur les objectifs fixés par le programme du Fonds monétaire international (FMI).
Une trajectoire de désendettement accélérée
Lors de la présentation du dixième rapport sur la situation économique du pays à Accra, Robert R. Taliercio, directeur de la Banque mondiale pour le Ghana, le Liberia et la Sierra Leone, a souligné l'efficacité des réformes engagées. Outre la réduction du ratio d'endettement, le pays a enregistré un excédent budgétaire primaire de 2,5 % du PIB en 2025, dépassant largement l'objectif initial de 1,5 %. Ces indicateurs témoignent de l'impact concret des mesures d'austérité et de stabilisation budgétaire adoptées pour assainir les finances publiques après une période de fortes tensions économiques.
La nécessité d'une vigilance structurelle
Malgré ces avancées, l'institution financière internationale appelle à la prudence. La Banque mondiale qualifie le redressement du Ghana de « structurellement incomplet » et met en garde contre le risque d'un retour en arrière en cas de relâchement des efforts. La durabilité de la dette dépendra étroitement du maintien d'une discipline budgétaire rigoureuse et de la finalisation effective de la restructuration de la dette extérieure du pays.
Priorités pour consolider la croissance
Pour pérenniser ces acquis, le gouvernement ghanéen est invité à renforcer la mobilisation des recettes domestiques et à s'attaquer aux vulnérabilités persistantes dans des secteurs stratégiques, notamment l'énergie et l'agriculture. Ces domaines, identifiés comme des sources de pressions financières, nécessitent des réformes ciblées pour renforcer la résilience économique nationale. Les projections tablent sur une croissance de 4,8 % en 2026, avec une inflation maîtrisée, à condition que le cap des réformes soit maintenu sur le moyen terme.