La campagne africaine pour la justice réparatrice liée à la traite transatlantique ne se résume pas à une demande de réparations financières directes. Le gouvernement ghanéen, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, privilégie une approche axée sur des investissements structurels et des programmes de développement durables.
Au-delà du transfert de fonds
Pour le Ghana, la justice réparatrice doit avant tout corriger les inégalités historiques persistantes. Le ministre Ablakwa a clairement écarté l'idée d'une quête de liquidités versées aux gouvernements, préférant encourager des modèles de soutien similaires à l'initiative de l'archevêque de Canterbury, qui a alloué 100 millions de livres sterling au profit de jeunes entrepreneurs africains. L'objectif est de repositionner le continent sur la scène mondiale en renforçant les opportunités économiques pour sa jeunesse.
Une dynamique portée par l'ONU
Cette position s'inscrit dans le sillage de la résolution A/RES/80/250 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 25 mars 2026. Ce texte historique, porté par le Ghana et soutenu par 123 États, qualifie la traite des esclaves et l'esclavage racialisé de crime le plus grave contre l'humanité. Bien que le texte ait fait l'objet d'oppositions de la part des États-Unis, d'Israël et de l'Argentine, il ouvre la voie à un dialogue formel sur la restitution des biens culturels et la réparation des préjudices historiques.
La feuille de route d'Accra
Suite à cette avancée diplomatique, Accra a accueilli en juin 2026 une conférence de haut niveau visant à transformer cette résolution en mesures concrètes. Les « Engagements d'Accra sur la justice réparatrice » définissent désormais un cadre d'action global. Ce programme ambitieux couvre des domaines aussi variés que la réforme de la gouvernance mondiale, l'allègement de la dette, la justice climatique, l'accès aux technologies et le renforcement des liens avec la diaspora. En structurant ces priorités, le Ghana cherche à instaurer une relation plus équitable entre l'Afrique et ses partenaires internationaux, en misant sur des interventions de long terme plutôt que sur des solutions ponctuelles.