Le gouvernement ghanéen a officiellement clarifié ses intentions concernant le bloc des BRICS, écartant l'idée d'une adhésion pleine et entière. Accra privilégie une candidature en tant que pays partenaire, une démarche présentée comme une opportunité de diversifier ses alliances stratégiques tout en préservant ses intérêts nationaux.
Une stratégie ancrée dans la Constitution
Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a souligné que cette décision s'inscrit dans le cadre de l'article 40 de la Constitution ghanéenne de 1992, qui place l'intérêt national au cœur de la politique étrangère. En rejoignant ce groupe, qui réunit désormais des puissances émergentes majeures comme le Brésil, la Chine, l'Inde ou encore l'Égypte et l'Éthiopie, le Ghana entend disposer d'une plateforme de coopération accrue sur les enjeux globaux et régionaux.
La réaffirmation du non-alignement
Face aux interrogations sur l'impact de ce rapprochement avec ses partenaires traditionnels, le gouvernement ghanéen se veut rassurant. Le ministre a rappelé que cette orientation s'inscrit dans la continuité de la doctrine de non-alignement initiée par Kwame Nkrumah. À l'instar de l'époque où le pays parvenait à collaborer simultanément avec les États-Unis pour le barrage d'Akosombo et avec l'Union soviétique pour son programme d'énergie atomique, Accra entend démontrer que la diversification des options de développement est un droit souverain. Des échanges préalables ont d'ailleurs été menés avec les États membres de l'Union européenne pour expliciter cette démarche.
Le statut de pays partenaire au sein du bloc
Le modèle visé par le Ghana est celui des pays partenaires, une catégorie qui a vu l'adhésion de plusieurs nations africaines et internationales en 2025, telles que le Nigeria, l'Ouganda, la Malaisie ou la Thaïlande. Ce statut permet une intégration souple au sein d'une structure qui a considérablement évolué depuis sa création en 2006. Si la candidature ghanéenne aboutit, le pays rejoindra ce groupe de nations collaboratrices, consolidant ainsi sa présence au sein de ce qui est aujourd'hui considéré comme l'un des plus vastes blocs commerciaux mondiaux.